Système pénitentiaire belge en crise : libérations anticipées et réformes comme solution indispensable


Principaux renseignements

  • Le système pénitentiaire belge est confronté à une grave crise due à un manque chronique de personnel, ce qui nécessite la libération anticipée de certains détenus sous des conditions strictes.
  • La mise en œuvre de solutions recommandées par des experts, telles que des formations spécialisées et des programmes d’autonomisation des détenus, peut alléger la pression sur le système pénitentiaire tout en bénéficiant à la société.

Le système pénitentiaire belge est confronté à une grave crise due à un manque chronique de personnel, avec plus de 600 détenus considérés comme des « prisonniers au sol », c’est-à-dire des personnes qui présentent un risque important et nécessitent une surveillance intensive.

Libération anticipée

Mathilde Steenbergen, directrice générale de l’administration pénitentiaire, estime que la libération anticipée sous conditions strictes est essentielle à la survie du système. Elle l’a dit dans Terzake.

Steenbergen reconnaît que ces mesures sont impopulaires, mais insiste sur leur nécessité. Elle fait valoir que la libération anticipée, assortie de garanties appropriées, est une solution moins radicale qu’il n’y paraît. La situation actuelle a atteint un point critique, avec 433 postes vacants pour des gardiens de prison et environ 400 autres prévus en raison de l’ouverture prochaine de nouvelles installations.

Selon Steenbergen, le problème ne réside pas dans l’absence de solutions, mais plutôt dans l’incapacité à les mettre en œuvre. Les experts proposent depuis longtemps diverses mesures pour remédier à la crise, mais leurs conseils sont souvent ignorés par les décideurs politiques qui privilégient l’opportunisme politique plutôt que la prise de décision fondée sur des preuves.

Propositions de réforme

Steenbergen appelle le gouvernement à écouter les experts et à examiner des propositions telles que la libération anticipée assortie de conditions strictes et la surveillance électronique pour les détenus éligibles. Elle souligne que cette approche permettrait non seulement d’alléger la pression sur le système pénitentiaire, mais aussi de bénéficier à la société à long terme.

En outre, Steenbergen suggère de réviser le programme de formation des gardiens de prison, afin de leur permettre de se spécialiser soit comme assistants de sécurité, soit comme surveillants de détention. Cette différenciation vise à améliorer les conditions de travail et à réduire le stress, tout en offrant un soutien plus personnalisé aux détenus.

Promouvoir la réinsertion

Steenbergen estime que l’autonomisation des détenus grâce à des programmes significatifs et à des pratiques favorisant l’autonomie peut contribuer à leur réinsertion réussie dans la société et, en fin de compte, renforcer la sécurité publique.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

Plus