Principaux renseignements
- La France mène ORION 26, sa plus grande exercice militaire depuis des décennies, avec plus de 12 000 soldats et des opérations multidomaines.
- Le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle reste le pilier central de la projection militaire mondiale de la France.
Alors que la France mène ORION 26, son plus grand exercice militaire depuis des décennies, un symbole de la puissance militaire française reste très présent : le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle. L’exercice sur terre, dans les airs et en mer montre comment la France se prépare à des conflits de haute intensité, mais c’est avant tout le Charles de Gaulle qui illustre la volonté de Paris de projeter ses ambitions militaires à l’échelle mondiale, de l’Europe à l’Indo-Pacifique.
ORION 26 : un exercice à grande échelle et de haute intensité
Le 8 février, l’opération ORION 26 a officiellement débuté. L’exercice se déroule de février à avril 2026 et mobilise environ 12 000 à 12 500 soldats, soutenus par des centaines de véhicules, d’hélicoptères, de drones et de moyens navals.
Les responsables français décrivent ORION 26 comme un exercice interarmées et interalliés majeur destiné à préparer les forces françaises à des engagements de haute intensité dans un environnement complexe, contesté et multidomaine, y compris d’éventuels engagements majeurs sur le sol européen.
L’exercice vise à :
- Former les structures de commandement à la planification et à la conduite d’opérations multidomaines lors d’un engagement majeur.
- Renforcer les forces actives et de réserve ainsi que les chaînes de soutien afin qu’elles puissent opérer dans des environnements dégradés.
- Renforcer la coordination interministérielle afin d’assurer la résilience nationale en cas de crise
Accroître l’interopérabilité avec les alliés, y compris la certification de l’Armée de l’air et de l’espace (AAE) dans le cadre de l’ARF 2026. - Tester et intégrer des innovations clés telles que les drones, l’intelligence artificielle, le brouillage satellite, les systèmes de simulation et la météorologie spectrale.
Les autorités françaises affirment que les forces armées doivent s’entraîner « avec rigueur et réalisme » pour faire face aux scénarios les plus complexes.
Structure et scénario
ORION 26 se déroule en plusieurs étapes. Il commence par un débarquement amphibie et aéroporté simulé en Bretagne. Les 20 et 21 février, environ 700 soldats et une centaine de véhicules se déploient près de Quiberon, dans le Morbihan.
L’exercice s’étend pour inclure : trois brigades, environ 1 800 véhicules tactiques, 30 hélicoptères et environ 800 drones.
Des exercices de tir réel, des manœuvres complexes et des traversées de la Seine et de l’Aube sont prévus. Des opérations aériennes sont également menées, ce qui confère à l’exercice un caractère multidomaine.
En avril, l’exercice passe sous le commandement de l’OTAN. Au total, 24 pays alliés y participent, dont les États-Unis, le Japon, la Suisse et le Maroc.
Le scénario utilisé pour l’exercice implique deux pays fictifs, Mercure et Arnland. Dans le scénario, Mercure tente de déstabiliser Arnland par des tactiques hybrides et le soutien à des milices. Arnland cherche à se rapprocher de l’Union européenne.
La cybersécurité, les simulations de réseaux virtuels et les opérations spatiales sont intégrées à l’exercice.
Participation du Maroc
Le Maroc participe à ORION 26 en déployant sa frégate amirale, le Mohammed VI, un navire de classe FREMM de 6 000 tonnes.
Les officiers de marine marocains sont intégrés dans les structures de commandement françaises. La frégate opère sous commandement français direct et participe à des simulations d’attaques de missiles, de menaces sous-marines et de scénarios de guerre multidomaines.
Le navire est équipé de missiles à lancement vertical, de systèmes radar avancés et de capacités anti-sous-marines. L’exercice comprend le partage en temps réel de renseignements entre les forces marocaines et européennes.
Porte-avions Charles de Gaulle
Indépendamment de l’ORION 26, le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle reste la pièce maîtresse de la puissance navale française. Il s’agit du seul porte-avions nucléaire en service en dehors des États-Unis.
Il a remplacé le Foch, à propulsion conventionnelle, en 2001. Conçu dans les années 1980, sa coque a été mise en chantier en avril 1989 au chantier naval DCN de Brest et lancé en mai 1994. Avec ses 42 000 tonnes (en charge de combat), il s’agissait du plus grand navire de guerre lancé en Europe occidentale depuis 1950. Il a été mis en service à la mi-mai 2001 après plusieurs retards.
Le navire mesure 260 mètres de long, avec une largeur de 64 mètres et un tirant d’eau de 9,4 mètres. Il est propulsé par deux réacteurs à eau pressurisée Areva K15 et deux turbines à vapeur Alstom, produisant une puissance totale de 61 MW. Après des mises à niveau en 2007 et un rechargement en milieu de vie en 2017, sa vitesse maximale est de 27 nœuds.
Le porte-avions est équipé de : quatre lanceurs A-43 Sylver à huit cellules transportant des missiles sol-air MBDA Aster 15, deux lanceurs Sadral à six cellules transportant des missiles à courte portée Mistral et des canons automatiques de 20 mm, notamment des systèmes Giat 20F2 et Nexter Narwhal.
Son groupe aérien peut compter jusqu’à 40 avions de combat, dont des chasseurs Rafale M, des avions E-2C Hawkeye, des hélicoptères NFH Caïman Marine, des hélicoptères AS565 Panther ISR et AS365F Dauphin Pedro.
Historique opérationnel
En novembre 2001, la Task Force 473, centrée sur le Charles de Gaulle, s’est déployée au large de l’Afghanistan pour soutenir l’opération Enduring Freedom. Le porte-avions a effectué 770 sorties pendant ce déploiement. En février 2002, des avions du porte-avions américain USS John Stennis et du Charles de Gaulle ont effectué des appontages croisés.
Le porte-avions a également soutenu les opérations en Afghanistan en 2005, participé à l’application de la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye en 2011 et pris part aux opérations contre l’État islamique en 2015.
En mars 2025, le Charles de Gaulle a achevé son premier déploiement dans le Pacifique. Le groupe aéronaval français a opéré avec les forces américaines et japonaises avant de mettre le cap sur l’Inde pour l’exercice Varuna avec la marine indienne. Pendant le déploiement, des F/A-18 Super Hornets américains et des Rafale-M français ont effectué des appontages croisés.
La marine française prévoit de construire un porte-avions de nouvelle génération, d’une longueur d’environ 305 mètres et d’un déplacement de 75 000 tonnes, dont la mise en service est prévue pour la fin des années 2030 en remplacement du Charles de Gaulle.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

