Principaux renseignements
- L’industrie automobile française a supprimé plus de 138 000 emplois depuis 2010 en raison d’une concurrence mondiale intense.
- Les fermetures d’usines et les délocalisations vers des pays à moindre coût ont largement contribué à cette perte massive d’emplois.
- Les répercussions du déclin de l’industrie automobile ont gravement affecté les secteurs connexes.
L’industrie automobile française a connu une baisse significative de l’emploi au cours des 13 dernières années. Les données de l’INSEE révèlent que la main-d’œuvre a diminué d’un tiers entre 2010 et 2023, passant de 425 500 à 286 800 emplois. Cela se traduit par une perte de près de 139 000 postes à temps plein.
Impact de la concurrence mondiale
Les constructeurs automobiles sont responsables de la majorité des pertes d’emplois, avec 46 000 postes supprimés au cours de cette période. Des facteurs tels que la baisse des ventes due à la concurrence des constructeurs automobiles chinois ont contribué à la fermeture et à la délocalisation d’usines. Des acteurs majeurs tels que Renault et Stellantis ont délocalisé leurs activités vers des pays où les coûts de main-d’œuvre sont moins élevés, notamment la Roumanie, la Slovénie, l’Espagne, le Portugal et la Slovaquie.
La contraction du secteur français de la construction automobile a eu des répercussions sur l’ensemble des industries connexes. Les équipementiers ont été particulièrement touchés, les fabricants d’équipements et de composants ayant perdu 31,5 pour cent de leurs effectifs, soit 92 700 emplois. Des entreprises telles que Michelin, Valeo, Forvia, Bosch, Lisi et Dumarey sont actuellement en train de fermer des sites en France.
De fortes disparités sectorielles
Les disparités entre les emplois liés à l’automobile et ceux d’autres secteurs au sein des mêmes industries sont frappantes. Par exemple, les fabricants de caoutchouc et de plastiques destinés à l’industrie automobile ont subi une perte d’emplois de 43 pour cent, tandis que ceux hors du secteur n’ont connu qu’une baisse de 3 pour cent. Même dans le secteur chimique, l’emploi lié à l’automobile a chuté de 29 pour cent, tandis que les emplois destinés à d’autres secteurs ont augmenté de 19 pour cent.
Ces différences marquées mettent en évidence une crise structurelle qui s’aggrave au sein de l’industrie automobile française. Le secteur se détache rapidement du paysage industriel général, ne montrant aucun signe de reprise et affichant plusieurs indicateurs qui laissent présager un déclin supplémentaire.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

