Diplomatie L’Italie et la dette commune de l’UE ne sont pas à l’ordre du jour pour l’instant


Principaux renseignements

  • L’Italie suit l’Allemagne et estime que ce n’est pas le moment de débattre de la dette commune de l’UE, malgré son soutien historique aux euro-obligations.
  • L’Allemagne rejette catégoriquement la proposition française de prêts communs et met l’accent sur l’amélioration de la productivité, le renforcement du marché intérieur et la réduction de la bureaucratie.
  • L’Italie opte pour la diplomatie et cherche un équilibre entre le soutien aux initiatives françaises et la prévention des tensions avec l’Allemagne.

L’Italie se rallie à la position de la France selon laquelle ce n’est pas le moment de discuter d’un règlement commun de la dette de l’Union européenne. Une position que le président français Macron défendait déjà avant le début du sommet européen. Et ce, malgré le fait que l’Italie y soit favorable depuis des années. Cela est apparu clairement après le sommet européen qui s’est tenu jeudi dernier au château d’Alden Biesen, dans le Limbourg. Les dirigeants européens des 27 États membres s’y sont réunis pour discuter de l’industrie dans l’UE.

Position de l’Allemagne

L’Allemagne s’est opposée à la proposition de Macron. Le chancelier allemand Friederich Merz estime que la priorité devrait être donnée à la résolution des problèmes de productivité au sein de l’UE. L’Allemagne préconise plutôt de renforcer le marché intérieur, d’accélérer les accords commerciaux et de réduire la bureaucratie.

L’Italie, qui évite les conflits

Antonio Tajani, le ministre italien des Affaires étrangères, a souligné que l’Italie était d’accord avec le principe des prêts communs pour les investissements stratégiques. Il estime toutefois qu’il est inutile d’en débattre tant que l’Allemagne et la France ne parviennent pas à s’entendre.

Bien que l’Italie, sous la direction de la Première ministre conservatrice Giorgia Meloni, soit historiquement favorable à la dette commune, elle cherche actuellement à trouver un équilibre entre le soutien aux initiatives françaises et la prévention d’un conflit avec l’Allemagne. Le gouvernement italien s’est donc montré réticent dans certains cas, par exemple lorsqu’il s’agit de propositions visant à favoriser les entreprises européennes dans les marchés publics, qui constituent un élément important de la politique « Made in Europe » de Macron. Avec cette politique, le président souhaite encourager les États membres de l’UE à acheter eux-mêmes des produits européens.

Tajani a clairement indiqué que la réticence italienne ne constituait pas un rejet de l’idée d’une dette commune, mais un choix stratégique visant à ne pas peser sur la coopération au sein de l’UE. « Sans accord entre la France et l’Allemagne, lancer un débat serait contre-productif. Il s’agit de se concentrer sur ce qui nous unit et d’aller de l’avant », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à Sky TV. Avec cette attitude réservée, l’Italie cherche à trouver un équilibre entre le soutien aux initiatives françaises et la volonté d’éviter les tensions avec l’Allemagne.

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