L’Arctique : une lutte entre grandes puissances


Principaux renseignements

  • L’Arctique prend de plus en plus d’importance sur le plan stratégique et économique, avec des grandes puissances telles que les États-Unis, la Russie et la Chine qui renforcent leur influence.
  • Le changement climatique rend la route maritime du Nord plus accessible, ce qui peut réduire les temps de trajet et les consommations de carburant, mais comporte toujours des risques et des incertitudes.
  • La présence militaire reste cruciale, l’OTAN et les États arctiques renforçant leur état de préparation par le biais de missions telles que Arctic Sentry.

Ces dernières semaines, le président américain Trump a clairement indiqué qu’il souhaitait prendre le contrôle du Groenland, ravivant ainsi les tensions géopolitiques autour de l’Arctique. Ce qui semblait depuis longtemps être une région isolée et gelée devient aujourd’hui une région présentant des intérêts économiques et militaires croissants. Parmi les autres grandes puissances qui s’intéressent à l’Arctique figurent la Russie et la Chine.

L’Arctique change rapidement en raison du changement climatique, jusqu’à quatre fois plus vite que la moyenne mondiale, rapporte Le Monde. En conséquence, certaines zones deviennent plus facilement accessibles en raison du recul de la banquise. Cela rend certaines routes maritimes plus accessibles à certaines périodes de l’année.

Route plus courte

La route la plus importante qui sera libérée est la route maritime du Nord. Elle est donc très convoitée par les grandes puissances.

Cette zone se trouve autour du pôle Nord, au nord du cercle polaire. Elle relie l’océan Pacifique et l’océan Atlantique le long de la côte russe. Elle comprend les parties les plus septentrionales de huit pays, à savoir les États-Unis, le Canada, la Norvège, la Russie, l’Islande, la Finlande, la Suède et le Groenland, très convoité par Trump, qui fait partie du Danemark.

Ce qui rend cette région si intéressante, c’est la différence de distance entre l’Asie et l’Europe. Cette route est environ 30 à 40 pour cent plus courte. Selon l’Arctic Institute, un voyage du Japon vers l’Europe dure actuellement environ 22 à 29 jours via le canal de Suez, une voie navigable en Égypte. Avec la nouvelle route, ce trajet prendrait environ 10 jours. Cela permet donc non seulement de gagner du temps, mais aussi d’économiser du carburant.

Dimension militaire

Les intérêts économiques ne sont pas les seuls à jouer un rôle dans la région arctique, la présence militaire est également cruciale. Selon l’OTAN, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, cette région revêt une importance croissante pour la sécurité collective de l’Alliance. Sept des huit États arctiques sont membres de l’OTAN, ce qui confère à l’Alliance un intérêt évident à maintenir la sécurité, la stabilité et la coopération dans la région.

En février 2026, l’OTAN a lancé la mission Arctic Sentry, une opération militaire à grande échelle qui renforce la préparation de l’Alliance dans le Grand Nord. Cette mission coordonne les activités aériennes, maritimes et terrestres et améliore la visibilité des opérations nationales des alliés, créant ainsi une stratégie défensive cohérente.

Problèmes

Les experts avertissent toutefois que la route maritime du Nord ne constitue pas pour l’instant une alternative à part entière aux routes commerciales traditionnelles. La période sans glace est imprévisible et peut varier de quelques semaines à plusieurs mois. Pour les entreprises de conteneurs, qui travaillent avec des horaires de navigation fixes et des livraisons juste à temps, cette incertitude représente un risque important.

En outre, une grande partie de la côte sibérienne manque de ports et d’infrastructures d’urgence. Les navires qui rencontrent des problèmes mécaniques ont du mal à obtenir de l’aide. Cela se traduit par des primes d’assurance plus élevées et des coûts supplémentaires pour l’accompagnement par des brise-glaces. De plus, les compagnies maritimes doivent demander l’autorisation d’emprunter cette route plusieurs mois à l’avance, ce qui contraste fortement avec le canal de Suez, où un préavis de 48 heures suffit.

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