Principaux renseignements
- Les exportations françaises de vins et spiritueux ont atteint leur plus bas niveau depuis deux décennies en raison des droits de douane, de la vigueur de l’euro et des tensions géopolitiques.
- Le secteur a perdu sa place de deuxième catégorie d’exportation française, derrière l’aérospatiale et les cosmétiques.
- Si les nouveaux accords commerciaux sont porteurs d’espoir, le déclin du marché américain et les droits de douane chinois continuent de poser des défis aux boissons alcoolisées françaises.
Les exportations françaises de vins et spiritueux ont connu une baisse significative l’année dernière, atteignant leur plus bas niveau depuis au moins deux décennies. Le groupe industriel FEVS attribue ce ralentissement à plusieurs facteurs, notamment les droits de douane américains et chinois, qui ont eu un impact direct sur les ventes. De plus, le renforcement de l’euro a rendu les boissons alcoolisées françaises plus chères pour les acheteurs internationaux.
Changement de parts de marché
Ce déclin a fait passer le secteur des vins et spiritueux de la deuxième à la troisième place des catégories d’exportation françaises, derrière l’aérospatiale et les cosmétiques. Si le président de la FEVS, Gabriel Picard, anticipe les bénéfices des nouveaux accords commerciaux de l’UE avec le bloc sud-américain du Mercosur et l’Inde, il reconnaît que 2026 pourrait encore poser des défis sans une amélioration de l’accès au marché.
Le marché américain a connu une baisse notable de la demande de vins et spiritueux français, en particulier au second semestre 2025. La hausse des droits de douane sur les expéditions et les menaces d’augmentations supplémentaires, pouvant atteindre 200 pour cent, ont considérablement freiné les ventes. En conséquence, les ventes aux États-Unis ont chuté de 21 pour cent en 2025, pour atteindre 3 milliards d’euros, avec des volumes inférieurs à 30 millions de caisses.
Impact sur le marché chinois
Picard a exprimé ses inquiétudes quant à une baisse potentielle continue du marché américain, suggérant que de nouvelles corrections de volume pourraient être nécessaires en 2026. Les ventes en Chine ont également connu une baisse substantielle de 20 pour cent, pour atteindre 767 millions d’euros en 2025, en raison des droits antidumping prélevés sur le cognac, l’armagnac et d’autres spiritueux à base de vin.
Le cognac, spiritueux phare de l’industrie française, a subi une baisse de 15 pour cent en volume et de 24 pour cent en valeur. Picard a déploré l’impact des tensions géopolitiques entre la France et la Chine, affirmant que l’arrêt des exportations est rapide, mais que le rétablissement de la confiance et des parts de marché prend beaucoup de temps.
Stabilité européenne
En Europe, les exportations de vins et spiritueux sont restées relativement stables, à 4,1 milliards d’euros. Des marchés comme le Royaume-Uni ont fait preuve de résilience, avec une augmentation de 3 pour cent des volumes malgré les pressions fiscales. Les exportations de champagne, qui représentent 35 pour cent de la valeur totale des exportations de vin, ont connu une légère augmentation en volume, mais une baisse de 4,5 pour cent en valeur en raison de l’appréciation de l’euro par rapport au dollar.
David Chatillon, coprésident du Comité Champagne, s’est montré prudemment optimiste quant à une reprise potentielle des ventes en 2026, tout en reconnaissant qu’une croissance significative est peu probable compte tenu de la conjoncture actuelle.
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