Russie subit des pertes militaires importantes en Ukraine, selon des estimations occidentales


Principaux renseignements

  • La stratégie ukrainienne consistant à infliger de lourdes pertes aux forces russes s’avère efficace.
  • Malgré des pertes importantes, la Russie n’a guère progressé sur le plan territorial ces derniers mois.
  • Le nombre croissant de victimes contredit le discours de Moscou sur une victoire inévitable et soulève des questions sur la capacité de Poutine à poursuivre l’effort de guerre sans recourir à une mobilisation impopulaire.

Les responsables occidentaux estiment que la Russie a subi environ 9 000 pertes supplémentaires sur le champ de bataille en Ukraine le mois dernier, qu’elle n’a pas pu remplacer par le recrutement. Cette évaluation suggère que la stratégie de l’Ukraine consistant à infliger des pertes plus lourdes aux forces russes gagne du terrain.

Avantage militaire de l’Ukraine

Malgré ces pertes, les forces russes n’ont pas réussi à réaliser de gains territoriaux significatifs en janvier. Des responsables qui se sont exprimés anonymement ont déclaré que cette tendance pourrait renforcer l’objectif de Kiev d’augmenter le coût de la guerre pour Moscou. Des rapports précédents indiquaient une forte augmentation du nombre de soldats russes tués, atteignant 35 000 en décembre, soit le double de la moyenne mensuelle calculée par l’OTAN les années précédentes.

Cibler l’attrition

Alors que la Russie divulgue rarement les données relatives aux pertes humaines, le ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov, a proposé une stratégie visant à porter les pertes russes à 50 000 par mois d’ici l’été. Kiev estime qu’un tel niveau d’attrition rendrait difficile pour le président russe Vladimir Poutine de reconstituer ses troupes sans recourir à une forme de mobilisation.

Les données suggèrent qu’en décembre, les pertes russes étaient à peu près équivalentes à leur nombre de recrues mensuelles. Le déficit observé en janvier implique que la stratégie de l’Ukraine porte ses fruits, même s’il n’est pas certain que Kiev puisse maintenir cette dynamique.

Progrès lents

Le général en chef ukrainien, Oleksandr Syrskyi, a reconnu les difficultés persistantes le long de la ligne de front de 1 200 kilomètres, les forces russes lançant des attaques sur une vaste étendue. Cependant, les progrès restent lents, les gains territoriaux représentant moins de 1 pour cent de la superficie de l’Ukraine au cours des trois dernières années.

Syrskyi a noté que malgré le dépassement des objectifs de recrutement, le nombre de soldats russes déployés sur le champ de bataille est resté stable depuis six mois, estimé à environ 712 000.

Les pertes croissantes subies par les forces de Poutine contredisent le discours de Moscou, parfois repris par l’administration de président Donald Trump, selon lequel l’avantage militaire de la Russie garantit une victoire inévitable. Au rythme actuel, il faudrait encore deux ans aux troupes russes pour s’emparer complètement de la région orientale de Donetsk, une exigence clé du Kremlin dans les pourparlers de paix.

Éviter la mobilisation

Poutine est peu susceptible d’opter pour une mobilisation généralisée, compte tenu de son impopularité en Russie. Il a évité de réitérer la mobilisation de 300 000 réservistes en septembre 2022, qui avait déclenché une émigration massive et alimenté le mécontentement de la population à l’égard de la guerre.

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