L’Iran gracie plus de 2 000 condamnés, à l’exception des manifestants


Principaux renseignements

  • L’ayatollah Ali Khamenei a gracié 2 108 condamnés à l’approche de l’anniversaire de la révolution islamique.
  • Les personnes impliquées dans les récentes manifestations nationales sont exclues de cette grâce.
  • Cette répression à l’encontre des opposants au régime coïncide avec la reprise des négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis.

Iran a annoncé la grâce ou la réduction de peine de 2 108 condamnés. Un geste accordé par l’ayatollah Ali Khamenei à l’approche de l’anniversaire de la révolution islamique. C’est une tradition dans ce pays que d’accorder la grâce à un certain nombre de prisonniers à l’occasion de journées nationales importantes.

Exclusions

Toutefois, cette grâce ne concerne pas les personnes impliquées dans les récentes manifestations nationales. Le vice-président du pouvoir judiciaire a précisé que les personnes condamnées ou accusées en relation avec les troubles ne font pas partie des bénéficiaires.

Les manifestations ont été déclenchées fin décembre par le mécontentement économique. Elles ont dégénéré en manifestations antigouvernementales à l’échelle nationale. Les autorités ont réagi avec brutalité, faisant des milliers de morts et des dizaines de milliers d’arrestations. Il s’agit des troubles les plus violents depuis la révolution iranienne de 1979.

Victimes

Téhéran fait état d’au moins 3 000 morts, parmi lesquels des membres des forces de sécurité et des civils. Le régime attribue ces violences à des « actes terroristes ». Cependant, des groupes militants et des organisations internationales estiment que le nombre de morts, principalement des manifestants, est bien plus élevé que les chiffres officiels.

Outre la répression continue contre les manifestants, les autorités iraniennes s’en prennent également aux réformateurs du pays. Des informations récentes font état d’arrestations de personnalités éminentes du mouvement réformateur. Parmi elles figure Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel, qui s’est vu infliger une peine supplémentaire de sept ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale et propagande.

Négociations avec les États-Unis

Cette répression plus intense des opinions dissidentes coïncide avec la reprise des négociations sur le nucléaire entre l’Iran et les États-Unis. La situation reste tendue, le président américain Donald Trump ayant menacé à plusieurs reprises de recourir à la force militaire si aucune solution diplomatique n’était trouvée. (uv)

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