Principaux renseignements
- Ce procès vise à tenir Meta et Google responsables de la conception de plateformes de réseaux sociaux addictives qui privilégient le profit au détriment du bien-être mental des jeunes utilisateurs.
- L’affaire remet en cause la protection offerte par l’article 230, arguant que les modèles économiques des entreprises de réseaux sociaux sont intrinsèquement néfastes.
- Plusieurs procès ont déjà été intentés contre les géants de l’internet dans tout le pays.
Lundi, le procès historique contre les géants de l’internet Meta et Google s’est ouvert à Los Angeles. Il porte sur l’impact présumé de leurs plateformes de réseaux sociaux Instagram et YouTube sur la santé mentale des jeunes utilisateurs.
Des choix de conception
Lors de la première audience, l’avocat du plaignant, Mark Lanier, a fait valoir que Meta et Google avaient délibérément conçu leurs plateformes pour qu’elles créent une dépendance. Elles auraient privilégié le profit au détriment du bien-être des utilisateurs. Il a présenté des preuves montrant que ces entreprises étaient conscientes du caractère addictif de leurs produits et utilisaient des algorithmes pour maintenir l’engagement des utilisateurs à long terme.
Lanier cite comme exemples le flux constant de contenu agrégé sur Instagram et la fonction de lecture automatique sur YouTube. Des choix de conception auraient été faits dans le but de maximiser l’engagement et de favoriser la dépendance. Le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, et le directeur d’Instagram, Adam Mosseri, devraient témoigner lors du procès.
Responsabilité des réseaux sociaux
Cette affaire a suscité beaucoup d’intérêt en raison du précédent juridique qu’elle pourrait créer, notamment en ce qui concerne la responsabilité des réseaux sociaux vis-à-vis de la santé mentale des jeunes utilisateurs.
Ce procès fait suite à des centaines d’autres procès dans lesquels il a été allégué que les plateformes de réseaux sociaux ont contribué à la dépression, aux troubles alimentaires et même au suicide chez les jeunes. Les avocats établissent des parallèles avec des procès antérieurs contre l’industrie du tabac. Selon eux, les entreprises de réseaux sociaux vendraient délibérément un produit nocif.
Les géants de l’internet invoquent généralement la protection prévue à l’article 230 de la loi américaine Communications Decency Act. Cet article les dégage de toute responsabilité pour les contenus générés par les utilisateurs. Dans cette affaire, cette défense est également contestée au motif que les modèles économiques des géants sont en soi préjudiciables.
Meta et YouTube ont nié ces accusations. Ils souhaitent continuer à s’engager pour offrir des expériences sûres et saines aux jeunes utilisateurs.
Contre les entreprises de réseaux sociaux
Le procès à Los Angeles n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de batailles juridiques qui se déroulent à travers le pays. Les écoles et les procureurs généraux de plusieurs États intentent également des poursuites judiciaires. Parce qu’ils estiment qu’ils mettent les jeunes en danger
Dans une autre affaire judiciaire au Nouveau-Mexique, Meta est même accusé de privilégier ses profits au détriment de la sécurité des utilisateurs. L’entreprise aurait permis que ses plateformes deviennent un refuge pour l’exploitation des enfants. (uv)
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