Principaux renseignements
- Sanae Takaichi a remporté les élections en promettant la suspension temporaire de la taxe sur les ventes alimentaires au Japon.
- Les investisseurs s’inquiètent de la capacité de Takaichi à financer cette baisse d’impôts compte tenu du poids de la dette actuelle du Japon.
- Takaichi reste déterminée à mettre en œuvre cette baisse d’impôts malgré les pressions exercées pour trouver d’autres sources de revenus et stabiliser les marchés.
Sanae Takaichi a remporté une victoire décisive lors des élections de dimanche, ouvrant la voie à la réalisation de ses promesses électorales axées sur la relance économique. Son parti, le Parti libéral-démocrate (PLD), a largement triomphé grâce à son engagement à suspendre temporairement la taxe sur les ventes alimentaires de 8 pour cent pendant deux ans, une mesure qu’elle préconise depuis longtemps. Cependant, cette proposition a suscité des inquiétudes parmi les investisseurs quant à la capacité du Japon à la financer, compte tenu du poids déjà important de la dette nationale.
Inquiétudes des investisseurs
L’incertitude entourant les mécanismes de financement a entraîné une vente massive d’obligations d’État et un affaiblissement du yen par rapport aux autres grandes devises. Certains suggéraient que le fort mandat de Takaichi pourrait lui permettre de reconsidérer le plan de réduction d’impôt. Elle a néanmoins réitéré son engagement à mettre en œuvre la suspension lors d’entretiens post-électoraux. Les analystes estiment que cette victoire décisive minimisera également l’opposition des conservateurs fiscaux au sein de son propre parti.
À la recherche de recettes alternatives
Takaichi a souligné le caractère temporaire de la réduction d’impôt et son attachement à une gestion budgétaire responsable. Elle doit néanmoins relever le défi de trouver d’autres sources de recettes pour compenser le coût annuel estimé à 5 000 milliards de yens (environ 26,9 milliards d’euros). Elle a exclu l’émission de nouvelles dettes, mais reste vague quant aux autres options de financement. Takaichi promet de poursuivre les discussions avec les partis d’opposition sur la protection sociale et la fiscalité.
Les allusions passées à l’utilisation de recettes non fiscales ont attiré l’attention sur les importantes réserves de change du Japon, principalement détenues en vue d’éventuelles interventions sur le yen. Cependant, l’épuisement de ces réserves pourrait susciter des inquiétudes quant à la vente des obligations d’État américaines. Cette mesure pourrait déstabiliser les marchés et provoquer des troubles à Washington. Les analystes préviennent que la persistance des incertitudes financières pourrait provoquer une nouvelle vague de ventes sur le marché obligataire. Cela ne ferait qu’accroître les inquiétudes des investisseurs quant à la détérioration des perspectives budgétaires du Japon.
Impact sur la dette et l’inflation
Une forte augmentation des rendements des obligations d’État amplifierait le coût du service de la dette publique massive du Japon, la plus importante des pays développés. De plus, les inquiétudes concernant la viabilité budgétaire pourraient affaiblir davantage le yen. Cela entraînerait une hausse des prix à l’importation et une augmentation de l’inflation générale. Cela pourrait compromettre les avantages escomptés des réductions d’impôts pour les ménages.
Engagement malgré les défis
Malgré sa victoire électorale, Takaichi reconnaît le défi redoutable que représente le sentiment du marché. Consciente du risque de conséquences imprévues liées à l’instabilité financière, elle a adopté une attitude sérieuse lors des interviews post-électorales. Interrogée sur son expression sévère et sa responsabilité potentielle en cas de promesses non tenues, Takaichi a répondu avec détermination, soulignant son engagement sans faille à tenir ses promesses. (at)
(JW)
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