Royaume-Uni envisage de saisir un pétrolier russe


Principaux renseignements

  • Le Royaume-Uni envisage de saisir un pétrolier lié à la flotte fantôme russe afin d’intensifier la pression sur Moscou.
  • Cette saisie potentielle met en évidence les défis juridiques et géopolitiques complexes qui entourent les efforts visant à perturber les activités maritimes illicites de la Russie.

Le Royaume-Uni envisage de saisir un pétrolier lié à la flotte fantôme russe, une mesure qui pourrait aggraver les tensions avec Moscou dans un contexte de baisse des revenus pétroliers russes. Des discussions avec les alliés de l’OTAN ont permis d’identifier des options militaires pour capturer ces navires. Cette décision fait suite à la saisie d’un pétrolier russe dans l’Atlantique il y a un mois, menée par les États-Unis.

Flotte fantôme

Les données révèlent une présence significative de navires de la flotte fantôme utilisant des pavillons faux ou frauduleux dans les eaux européennes. Bon nombre de ces navires sont impliqués dans l’exportation de pétrole russe vers des destinations telles que la Chine, l’Inde et la Turquie.

Bien qu’une déclaration commune des pays de l’OTAN bordant la mer Baltique et la mer du Nord ait appelé au strict respect du droit international par les navires traversant ces régions, aucune mesure concrète n’a été prise. Les experts suggèrent que, même si la Royal Navy pourrait contester les navires apatrides en vertu du droit maritime, les risques potentiels d’escalade dissuadent de telles actions.

Prêt pour l’action

Les Royal Marines ont exprimé leur empressement à être autorisés à saisir un navire, soulignant la pression croissante exercée sur le Royaume-Uni pour qu’il adopte une position décisive contre les activités de la flotte fantôme russe. La récente saisie par les États-Unis du pétrolier Marinera a démontré la faisabilité d’une telle opération, même si elle a été menée avec l’aide des Britanniques.

Toutefois, les experts avertissent qu’une saisie menée par le Royaume-Uni ou l’Europe serait susceptible de susciter une réaction plus vive de la part de Moscou que la réaction modérée qui a suivi l’action américaine. Pour minimiser les risques, la saisie pourrait être effectuée en dehors des eaux de la Baltique ou de l’Arctique.

Complexités juridiques

Les tentatives passées de détention de navires de la flotte fantôme se sont heurtées à des complexités juridiques. La France a brièvement détenu un pétrolier au large des côtes espagnoles, mais l’a finalement libéré en raison de contraintes juridiques nationales.

Le ministre britannique de la Défense a proposé une réunion avec les pays baltes et nordiques afin de discuter des options militaires contre la flotte fantôme russe. La vente potentielle du pétrole saisi pour soutenir l’Ukraine ajoute une autre dimension à la situation géopolitique complexe.

Réponse aux sanctions

La création par la Russie de sa propre « flotte fantôme » à partir de pétroliers vieillissants est une réponse aux sanctions occidentales imposées à la suite de son invasion de l’Ukraine. La flotte opère dans le cadre de structures de propriété opaques, utilise souvent de faux pavillons et affiche des normes de sécurité laxistes.

Malgré les efforts de la flotte fantôme pour contourner les réglementations, son recours à de faux pavillons la rend potentiellement vulnérable à la saisie en vertu du droit international, bien que les interprétations juridiques varient d’un pays européen à l’autre. L’impact économique de la saisie d’un ou deux navires reste incertain, mais les récentes attaques de drones contre des pétroliers de la flotte fantôme suggèrent que l’Ukraine cible activement ce réseau.

Russie économiquement vulnérable

Si les exportations pétrolières de la Russie sont restées relativement stables malgré la pression occidentale, Moscou serait en train de réimmatriculer certains navires de la flotte fantôme sous pavillon russe afin d’éviter leur saisie.

L’action potentielle du Royaume-Uni intervient à un moment où l’économie russe semble plus vulnérable en raison de la chute des prix du pétrole et de la diminution des gains économiques liés à la guerre. Les experts suggèrent que de nouvelles sanctions, telles que l’interdiction de fournir des services maritimes aux navires russes, pourraient causer des dommages importants à l’économie de Moscou. (at)

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