Principaux renseignements
- Le Canada encourage l’adoption des véhicules électriques en renforçant les mesures incitatives à l’achat et en investissant dans les infrastructures de recharge, tout en abandonnant son objectif national de vente.
- La nouvelle stratégie donne la priorité à des normes d’émissions plus strictes pour les véhicules entre 2027 et 2032 afin d’atteindre des objectifs ambitieux en matière de vente de véhicules électriques.
- Malgré les critiques des groupes environnementaux, l’approche vise à trouver un équilibre entre les objectifs climatiques et le soutien à l’industrie automobile nationale.
Le gouvernement canadien adopte une nouvelle approche pour promouvoir l’adoption des véhicules électriques (VE). Le Premier ministre Mark Carney a annoncé la suppression d’un mandat national de vente de VE tout en augmentant les incitations à l’achat de VE et les investissements dans les infrastructures de recharge.
Investissements
Un investissement substantiel de 2,3 milliards de dollars canadiens (environ 1,4 milliard d’euros) financera des incitations, offrant jusqu’à 5 000 dollars canadiens (3 098 euros) aux particuliers et aux entreprises qui achètent ou louent des VE. Un montant supplémentaire de 1,5 milliard de dollars canadiens (environ 929,6 millions d’euros) est réservé à l’extension du réseau de stations de recharge pour VE. Conscient des défis auxquels est confronté le secteur de la construction automobile dans sa transition vers la production de voitures électriques, le Canada fournira également jusqu’à 3,1 milliards de dollars canadiens (environ 1,9 milliard d’euros) d’aide.
La stratégie s’inscrit dans le cadre d’un partenariat récent avec la Chine, qui vise à attirer les investissements chinois sur le marché canadien des véhicules électriques et à permettre un volume contrôlé d’importations de véhicules électriques chinois. Cela fait suite à des ajustements similaires effectués par la Commission européenne, qui a récemment assoupli les réglementations qui auraient effectivement conduit à l’élimination progressive des véhicules à essence et diesel en raison d’un taux d’adoption des véhicules électriques plus lent que prévu.
Critiques des groupes environnementaux
Les nouvelles mesures incitatives du Canada dépassent largement celles offertes aux États-Unis, où les principaux allégements fiscaux pour les voitures à batterie ont récemment été supprimés. Si les constructeurs automobiles ont salué l’annonce de Carney, celle-ci a été critiquée par certains groupes environnementaux qui y voient un recul par rapport aux objectifs climatiques.
Pour répondre aux préoccupations relatives aux émissions, le Canada mettra en œuvre des normes d’émissions plus strictes pour les véhicules des années modèles 2027-2032. Ces normes devraient contribuer à atteindre l’objectif de 75 pour cent de ventes de véhicules électriques d’ici 2035 et de 90 pour cent d’ici 2040.
Priorité aux normes d’émissions
Carney a souligné que le remplacement de l’ancien mandat sur les ventes de véhicules électriques par ces normes d’émissions plus strictes vise à obtenir des résultats significatifs pour les Canadiens tout en évitant d’imposer une charge excessive à l’industrie automobile nationale. L’ancien mandat, établi en 2023 sous le premier ministre Justin Trudeau, visait à ce que 20 pour cent de tous les véhicules vendus en 2026 soient sans émissions, mais il s’est heurté à l’opposition des constructeurs automobiles qui invoquaient des coûts insoutenables.
Malgré ce changement, Carney maintient que le Canada reste déterminé à lutter contre le changement climatique et dévoilera sa stratégie de compétitivité climatique dans les semaines à venir. Cependant, Sam Hersh, du groupe de défense Environmental Defence, a critiqué la nouvelle stratégie en matière de véhicules électriques, la qualifiant de « énorme recul » et mettant en garde contre les conséquences à long terme pour l’industrie automobile.
Soutien
À l’inverse, l’Association canadienne des constructeurs de véhicules a salué la décision de Carney, soulignant que le financement des incitations à l’achat et des infrastructures de recharge favorisera davantage l’adoption des véhicules électriques. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a salué la nouvelle stratégie comme étant « cruciale » pour protéger les intérêts économiques du Canada face aux défis posés par le président américain Donald Trump.
Le Consumer Choice Center a également applaudi cette annonce, s’opposant à l’intervention du gouvernement dans les choix des consommateurs en matière d’automobiles. La décision de la Commission européenne de reporter jusqu’en 2035 l’interdiction des voitures neuves à moteur à combustion illustre encore davantage le changement mondial dans l’élaboration des politiques relatives aux véhicules électriques.
Naviguer dans la dynamique commerciale
L’approche de Carney reflète les efforts du Canada pour naviguer dans la dynamique commerciale complexe et favoriser la croissance de l’industrie manufacturière nationale. Il s’est exprimé ouvertement sur la nécessité de remédier aux dommages causés par les droits de douane américains sur le secteur automobile nord-américain, fortement intégré, en encourageant la diversification et l’investissement. En novembre dernier, le gouvernement fédéral a assoupli la réglementation sur l’industrie pétrolière et gazière et l’électricité propre afin d’encourager de nouveaux investissements dans la production d’énergie.
Le Canada continuera d’imposer des contre-droits de douane sur les importations automobiles en provenance des États-Unis tout en explorant les moyens d’inciter les fabricants canadiens à augmenter leur production et leurs investissements. Le récent accord commercial avec la Chine, qui vise à réduire les droits de douane sur les véhicules électriques, illustre cette stratégie. Le Canada autorisera dans un premier temps l’entrée sur son marché de 49 000 véhicules électriques chinois, puis augmentera progressivement ce chiffre pour atteindre environ 70 000 véhicules sur cinq ans. Il est à noter que ces véhicules électriques importés ne pourront pas bénéficier des incitations du gouvernement canadien. (fc)
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