Comme prévu, le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) reste fixé à 2 %. L’institution monétaire note que « l’économie européenne reste résiliente dans un contexte mondial difficile ».
Principaux renseignements
- Le taux directeur n’a pas changé depuis juin 2025. Même après la dernière réunion sur les taux d’intérêt, rien ne change.
- Le taux directeur reste donc fixé à 2 pour cent.
- L’économiste d’ING Carsten Brzeski n’exclut pas une nouvelle baisse des taux d’intérêt dans le courant de l’année. Cela pourrait s’avérer nécessaire si la valeur de l’euro continue d’augmenter.
Dans l’actualité : la BCE ne modifie pas le taux de dépôt, c’est-à-dire la rémunération versée aux banques pour les dépôts d’épargne excédentaires qu’elles placent à Francfort. Celui-ci s’élève actuellement à 2 pour cent.
- Selon l’institution monétaire, le ralentissement de l’inflation en janvier n’est pas suffisant pour justifier une baisse des taux d’intérêt. Celle-ci s’élevait à 1,7 pour cent (sur une base annuelle) contre 2 pour cent en décembre. La BCE vise une inflation de 2 pour cent à moyen terme.
- La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a répété à plusieurs reprises ces derniers mois qu’il n’y avait guère de pression pour abaisser davantage les taux d’intérêt. « Nous avons une inflation proche de l’objectif et une croissance européenne qui, sans être spectaculaire, reste positive », a déclaré Mme Lagarde.
- Ce message est repris dans le communiqué de presse de la banque centrale. « L’économie reste résiliente dans un contexte mondial difficile », peut-on y lire. « Le faible taux de chômage, les bilans solides du secteur privé, le déploiement progressif des dépenses publiques dans les domaines de la défense et des infrastructures, ainsi que les effets favorables des baisses de taux d’intérêt antérieures sont à la base de la croissance.
- L’institution monétaire ajoute toutefois que les perspectives restent incertaines en raison de la persistance des incertitudes mondiales liées à la politique commerciale et aux tensions géopolitiques.
- C’est déjà la cinquième fois consécutive que les banquiers centraux appuient sur le bouton pause. La dernière baisse des taux remonte à juin 2025.
- Comme après les précédentes réunions sur les taux d’intérêt, la BCE ne communique rien sur ce que l’avenir nous réserve. Elle répète que chaque décision est prise sur la base des données disponibles, y compris les prévisions d’inflation.
- La BCE table actuellement sur une inflation de 1,9 pour cent (sur base annuelle) pour 2026 et de 1,8 pour cent pour 2027.
« La force de l’euro pourrait contraindre la BCE à baisser ses taux d’intérêt »
Analyse : Carsten Brzeski, économiste chez ING, n’exclut pas que la BCE soit contrainte de baisser ses taux d’intérêt plus tard dans l’année. En raison de la force de l’euro, il est beaucoup moins cher pour les consommateurs européens d’acheter des produits aux États-Unis, ce qui exerce une pression à la baisse sur l’inflation dans nos régions. Une baisse des taux d’intérêt pourrait relancer l’inflation.
- Selon l’économiste, le premier changement de taux sera plutôt une baisse qu’une hausse, du moins à court terme. « Qu’il s’agisse d’une agitation générale sur les marchés ou, plus précisément, du renforcement de l’euro, il existe toujours un risque que l’inflation reste inférieure à l’objectif dans les mois à venir », explique-t-il.
- Il nuance toutefois en précisant que le seuil pour une nouvelle baisse des taux reste élevé, car la dernière baisse remonte à plus de six mois. « Cependant, si l’on examine l’historique des cycles de baisse des taux de la banque centrale, une période d’inactivité prolongée après une série de baisses ne signifie pas automatiquement que la BCE en a terminé. En 2012 et 2024, nous avons vu deux cas où la banque centrale a repris un cycle de baisse qui semblait initialement terminé », explique M. Brzeski.
La BCE réduit son bilan
Par ailleurs, la BCE continue de modérer l’inflation en réduisant son bilan. Cela contribue à augmenter les taux d’intérêt à long terme. En effet, il y a davantage de titres de créance sur le marché, ce qui fait baisser leur cours et augmente les coupons (lors des nouvelles émissions obligataires). En vendant des titres de créance, la BCE veille également à ce que moins d’argent soit injecté dans l’économie.
- « Les portefeuilles APP et PEPP diminuent à un rythme régulier et prévisible, car l’Eurosystème ne réinvestit plus les remboursements des titres arrivés à échéance », indique l’institution monétaire.
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