Principaux renseignements
- L’escalade des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis complique l’achat prévu par le Canada d’avions de combat F-35.
- Confronté à une augmentation des coûts et à des pressions politiques, le Canada explore d’autres options en matière d’équipement militaire, notamment en Europe et dans la région indo-pacifique.
- Le rejet potentiel de l’accord sur les F-35 illustre un changement dans la stratégie de défense du Canada, qui vise à diversifier ses partenariats et à réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs américains.
L’achat prévu par le Canada d’avions de combat F-35 américains fait l’objet d’un examen minutieux en raison de l’escalade des tensions commerciales entre les deux pays, rapporte The Hill. Alors que le Canada s’est engagé à acheter au moins 16 avions F-35A Lightning II, le Premier ministre Mark Carney envisage d’en acheter 72 supplémentaires.
Cependant, la combinaison de pressions politiques internes, de coûts croissants et de relations tendues avec les États-Unis incite le Canada à explorer d’autres options en matière d’équipement militaire.
Évolution des partenariats en matière de défense
L’ancien conseiller à la sécurité nationale Vincent Rigby souligne l’impact de la rhétorique de Washington sur les décideurs politiques canadiens, qui les amène à reconsidérer leurs relations en matière de défense. Tout en reconnaissant les intérêts communs en matière de sécurité en Amérique du Nord, Rigby insiste sur la nécessité pour le Canada de diversifier ses partenariats en matière de défense et de s’approvisionner en matériel auprès d’autres régions, telles que l’Europe et l’Indo-Pacifique. Cela représente un changement important par rapport à la dépendance traditionnelle du Canada à l’égard des fournisseurs militaires américains.
Relations bilatérales sous tension
L’accord sur les F-35, initialement conclu en 2022 pour 88 appareils, a pris du retard et entraîné des dépassements de coûts supérieurs à 27 milliards de dollars (environ 22,9 milliards d’euros). Carney a lancé une révision de l’accord en mars 2025, dans un contexte de tensions commerciales croissantes. La situation s’est encore intensifiée lorsque l’ambassadeur américain au Canada, Pete Hoekstra, a suggéré que la décision du Canada de ne pas acheter de F-35 pourrait nécessiter des changements au sein du NORAD, le partenariat de défense conjoint entre les deux pays.
Bien que le département d’État ait précisé que Hoekstra ne proférait pas de menace, mais commentait simplement l’impact de la décision du Canada sur la modernisation du NORAD, ses propos ont suscité des inquiétudes quant à la stabilité des relations bilatérales en matière de défense. Certains anciens responsables canadiens considèrent les commentaires de Hoekstra comme une tactique de pression politique visant à influencer la décision du Canada.
Options alternatives
Cependant, des experts comme Andrea Charron affirment que de telles tactiques sont contre-productives et pourraient éloigner davantage le Canada de l’achat du F-35. Le Canada envisage désormais le Saab JAS 39 Gripen, construit en Suède, comme alternative pour moderniser sa flotte aérienne.
Les partisans du Gripen affirment que le fait de compter uniquement sur les F-35 rendrait le Canada trop dépendant des États-Unis et de leur politique étrangère imprévisible, d’autant plus que le Pentagone continue de superviser les avions même après leur vente. Les sondages d’opinion publique indiquent un fort soutien à l’intégration du Gripen dans l’armée de l’air canadienne, soit dans le cadre d’une flotte mixte, soit en remplacement complet des F-35.
Défis logistiques du F‑35
Charron reconnaît les capacités avancées du F-35, mais souligne également les défis logistiques liés à la gestion de plusieurs types d’avions de combat au sein des Forces armées canadiennes. Elle estime que le Canada doit faire un choix décisif en fonction de la plate-forme qui répond le mieux à ses besoins évolutifs en matière de défense. En fin de compte, la décision du Canada aura des implications importantes pour ses relations bilatérales avec les États-Unis et façonnera sa posture future en matière de défense. (fc)
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