TotalEnergies reprend son projet gnl au Mozambique, d’une valeur de 20 milliards de dollars


Principaux renseignements

  • TotalEnergies a repris la construction de son projet GNL au Mozambique après l’amélioration des conditions de sécurité dans la province de Cabo Delgado.
  • Le projet promet des retombées économiques importantes pour le Mozambique, notamment des emplois et des milliards de dollars de recettes.
  • Malgré les gains escomptés, les groupes environnementaux et de défense des droits humains critiquent l’impact du projet sur les communautés locales.

Après une pause de cinq ans, le géant français de l’énergie TotalEnergies a repris la construction de son projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de 20 milliards de dollars (16,7 milliards d’euros) au Mozambique. La décision de redémarrer les opérations a été prise après l’amélioration des conditions de sécurité dans la province de Cabo Delgado, où se situe le projet. C’est ce qu’écrit Al Jazeera.

Amélioration des conditions de sécurité

L’escalade de la violence liée à l’EIIL avait contraint TotalEnergies à suspendre le projet pour une durée indéterminée en 2021. Selon les données du projet ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project), le conflit a fait de nombreuses victimes. Cependant, grâce à l’aide des troupes rwandaises déployées autour du chantier d’Afungi, les problèmes de sécurité se sont atténués.

Le projet gnl, l’un des plus importants du continent africain, devrait produire plus de 13 millions de tonnes de gnl par an une fois opérationnel en 2029. Le président mozambicain Daniel Chapo estime que le projet pourrait générer jusqu’à 35 milliards de dollars (29,3 milliards d’euros) pour le gouvernement au cours de sa durée de vie grâce aux taxes, aux bénéfices pétroliers et à d’autres contributions.

Avantages économiques

Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanne, a souligné les avantages économiques potentiels du projet pour le Mozambique, notamment la création de 7 000 emplois directs pendant la construction et l’attribution de contrats d’une valeur de plus de 4 milliards de dollars (3,35 milliards d’euros) à des entreprises locales.

Malgré les gains économiques attendus, les groupes environnementaux et de défense des droits humains ont critiqué le projet. Ils affirment que ses avantages seront minimes pour la majorité des Mozambicains qui vivent dans la pauvreté, citant des données de la Banque mondiale indiquant que plus de 80 pour cent de la population gagnait moins de 3 dollars (1,7 d’euros) par jour en 2022.

Critiques des groupes de défense de l’environnement et des droits humains

Le groupe militant Friends of the Earth a qualifié le projet de « bombe à retardement carbone » ayant de graves répercussions sur le climat et l’a accusé de contribuer à des violations des droits humains, notamment des meurtres et des déplacements forcés dans la région de Cabo Delgado.

TotalEnergies fait face à des poursuites judiciaires en France liées à ce projet. Les survivants et les proches des victimes d’une attaque perpétrée en 2021 ont engagé des poursuites pour homicide involontaire contre l’entreprise, l’accusant de négligence dans la protection de ses sous-traitants.

Complicité de TotalEnergies dans des crimes de guerre

En outre, le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR) a déposé une plainte accusant TotalEnergies de complicité de crimes de guerre, de torture et de disparitions forcées. L’ECCHR affirme que l’entreprise a financé et soutenu les forces armées mozambicaines responsables de la détention, de la torture et du meurtre de civils sur le site du projet.

TotalEnergies nie toutes les accusations. La nouvelle de la relance du projet Afungi fait suite à la décision prise le mois dernier par le gouvernement britannique de retirer 1,15 milliard de dollars (950 millions d’euros) de financement à l’exportation du projet.

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(ns)(fc)

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