Le rythme des rénovations en Belgique stagne en raison des prix élevés de l’immobilier, du coût croissant des matériaux et du durcissement des normes de durabilité

Le rythme des rénovations en Belgique est beaucoup trop lent pour atteindre l’objectif climatique européen fixé pour 2050. C’est ce qu’affirme Johan Van Gompel, économiste senior chez KBC, dans un nouveau rapport de recherche. « Si nous voulons atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, le rythme actuel des rénovations de logements doit être multiplié par trois ou quatre », déclare-t-il.


Principaux renseignements

  • Bien que le nombre de prêts durables chez KBC soit en hausse, la grande banque avertit que le rythme des rénovations doit s’accélérer pour atteindre les objectifs climatiques européens d’ici 2050.
  • Selon une étude de Van Gompel, l’intensité des rénovations dans notre pays a stagné au cours des 25 dernières années.
  • Les Belges sont découragés par les prix élevés de l’immobilier, le coût croissant des matériaux et le durcissement des normes de durabilité.

Dans l’actualité : le nombre de prêts à la rénovation accordés par KBC a augmenté de 14 pour cent l’année dernière. L’augmentation du nombre de prêts énergétiques a été encore plus forte, avec 19 pour cent.

  • La grande banque a accordé nettement plus de prêts verts pour l’achat d’une batterie domestique. Ce nombre a augmenté de pas moins de 160 pour cent en 2025. Ils représentent ainsi un peu moins d’un tiers de tous les prêts énergétiques.
  • Le nombre de crédits pour les pompes à chaleur a quant à lui augmenté de 30 pour cent.
  • Les prêts pour les panneaux solaires ont en revanche reculé de 24 pour cent. Ils représentent toutefois encore plus d’un prêt énergétique sur cinq. 

Besoin de rénovations plus durables

Mais : bien que davantage de clients de KBC empruntent pour des rénovations durables, une étude de Van Gompel montre qu’il faut faire plus pour atteindre les objectifs climatiques européens d’ici 2025. Ainsi, l’intensité des rénovations dans notre pays a stagné au cours des 25 dernières années.

  • La crise du coronavirus a certes entraîné un pic notable, mais depuis lors, le nombre de permis de rénovation est retombé à un niveau exceptionnellement bas. Les Belges sont découragés par les prix élevés de l’immobilier, le coût croissant des matériaux et le durcissement des normes de durabilité.
    • Il reste pourtant beaucoup à faire. Une grande partie des logements belges date en effet d’avant 1981. En Flandre, 66 pour cent des logements datent d’avant 1980, et à Bruxelles, ce chiffre atteint même 93 pour cent. Il n’est donc pas surprenant que la Belgique soit, après le Luxembourg, le pays de l’UE27 qui affiche les plus mauvais résultats en matière d’émissions liées au chauffage/refroidissement des logements.
  • L’économiste de KBC ajoute qu’environ 80 pour cent du parc immobilier belge doit encore être rénové pour atteindre les objectifs européens. La Banque nationale de Belgique (BNB) estime que tous les propriétaires immobiliers doivent investir ensemble environ 350 milliards d’euros dans leurs logements pour les rendre plus durables.
  • Selon l’étude de KBC, les Belges sont prêts à rénover leurs logements, mais ils manquent cruellement d’informations claires sur les normes EPC et les aides à la rénovation.
    • 69 pour cent d’entre eux se sentent insuffisamment informés et 71 pour cent ne savent pas quelles primes ou aides sont disponibles.
    • En outre, plus de 6 Belges sur 10 sont favorables à une plateforme numérique qui regroupe tous les produits et services liés à leur logement (actuel ou futur), ce qui faciliterait considérablement l’accès à l’information et la gestion quotidienne.

Emprunter 100 pour cent de la valeur d’achat du logement

Autre élément : en raison notamment des prix élevés de l’immobilier, il est difficile pour les jeunes familles d’acheter leur propre logement. La plupart du temps, il ne leur reste alors plus de budget pour financer un projet de rénovation. C’est pourquoi de plus en plus de prêteurs offrent à leurs clients la possibilité de financer entièrement l’achat d’une maison ou d’un appartement à l’aide d’un prêt.

  • KBC a introduit cette option à la fin de l’année 2025. « Les jeunes acheteurs sont de plus en plus souvent confrontés à des moyens propres limités, des prix d’achat élevés et des coûts de rénovation considérables, notamment dans le cadre de la transition énergétique », explique-t-on. « Dans le même temps, un financement intégral implique un taux d’endettement plus élevé, ce qui nécessite une évaluation minutieuse de la capacité financière individuelle. Cette mesure s’inscrit dans un contexte plus large d’évolutions du marché et ne constitue pas une solution structurelle aux défis sous-jacents du marché immobilier. »

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