Principaux renseignements
- L’Allemagne prend les devants dans une UE « à deux vitesses » pour accélérer la coopération en matière de défense et la compétitivité industrielle.
- Cette initiative donne la priorité à l’augmentation des dépenses de défense comme moteur de la croissance économique et vise à réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis en matière de défense.
- Bien que susceptible de fragmenter l’Union, le groupe central de six nations reste ouvert à une expansion future, promettant une approche flexible.
Une nouvelle initiative menée par l’Allemagne vise à accélérer la coopération en matière de défense et la compétitivité industrielle au sein de l’Union européenne. Cette proposition d’une UE « à deux vitesses » verrait un groupe central de six grandes économies (l’Allemagne, la France, la Pologne, l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas) contourner le processus décisionnel traditionnel de l’Union, basé sur le consensus.
Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a souligné l’urgence d’une Europe plus forte et plus résiliente, soulignant que le rythme actuel est insuffisant. Il a présenté un programme en quatre points axé sur l’augmentation des dépenses de défense, une union de l’épargne et de l’investissement, le renforcement de l’euro et la sécurisation des matières premières essentielles.
Priorité aux dépenses de défense
Klingbeil considère les dépenses de défense comme un moteur de la croissance économique et demande qu’elles soient prioritaires dans le prochain budget pluriannuel de l’UE. Si le concept d’une intégration européenne plus profonde à des rythmes différents n’est pas entièrement nouveau, il gagne du terrain dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la dépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis en matière de défense.
Toutefois, l’approche comporte le risque de fragmenter la cohésion européenne en excluant potentiellement les États membres qui soutiennent une intégration plus profonde mais ne font pas partie des six pays fondateurs. Les responsables allemands ont assuré que le format resterait flexible et ouvert à une expansion future.
Renforcement des partenariats stratégiques
L’Allemagne renforce activement ses partenariats stratégiques au sein de l’Europe. Un accord récent entre l’Allemagne et l’Italie donne la priorité à la mise en place d’une capacité de défense européenne en comblant les lacunes en matière de capacités et en renforçant le pilier européen au sein de l’OTAN. Cette collaboration englobera la défense aérienne et antimissile intégrée, les systèmes sans pilote, les navires de guerre, la guerre électronique et, éventuellement, une plateforme commune de combat terrestre.
Parallèlement, l’Allemagne approfondit ses liens avec la Pologne, en vue d’un nouvel accord de politique de défense qui devrait être finalisé en 2026. La Bundeswehr multiplie déjà les exercices conjoints avec les forces polonaises et élargit sa coopération en matière de détection et de neutralisation des drones.
Ambitieux renforcement militaire
L’ambitieux renforcement militaire de l’Allemagne illustre son engagement en faveur de la sécurité européenne. Le budget 2026 alloue une somme importante à la Bundeswehr, dans le but de faire de l’Allemagne « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe ». Le chancelier Friedrich Merz s’est engagé à augmenter les dépenses de défense à 5 pour cent du PIB, soulignant l’importance de la souveraineté européenne dans un paysage géopolitique de plus en plus complexe. (uv)
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