Fin de la « course aux salaires » : la croissance des salaires en Russie ralentit nettement


Principaux renseignements

  • La croissance rapide des salaires en Russie devrait ralentir considérablement au cours des trois prochaines années en raison de la détérioration de la situation économique.
  • Des facteurs économiques tels que le ralentissement de la croissance, la baisse des bénéfices et le gel des investissements obligent les entreprises à limiter les augmentations salariales.
  • La fin de la « course aux salaires » en Russie marque un changement dans les priorités des entreprises, qui privilégient désormais le maintien de leurs parts de marché plutôt que d’offrir des augmentations salariales importantes.

Selon les experts, la croissance rapide des salaires en Russie touche à sa fin en raison de la détérioration de la situation économique. Dmitry Belousov, directeur adjoint du Centre d’analyse macroéconomique et de prévisions à court terme (CMASF), prévoit un ralentissement marqué de la croissance des salaires réels au cours des trois prochaines années. Le CMASF prévoit une hausse annuelle d’un peu plus de 1 pour cent, nettement inférieure aux 8,2 pour cent de 2023 et aux 9,7 pour cent de 2024.

Ralentissement déjà en cours

Le ralentissement est déjà évident, les salaires réels ayant augmenté de 4,7 pour cent au cours des dix premiers mois de 2025. Le CMASF s’attend à ce que ce chiffre atteigne environ 3,5 pour cent d’ici la fin de l’année, avant de ralentir encore pour se situer entre 1,2 pour cent et 1,7 pour cent en 2026-2028. Bien que légèrement plus optimiste, les prévisions consensuelles de la Banque centrale indiquent également un ralentissement prononcé, avec une croissance des salaires réels prévue à 4,1 pour cent en 2025 et entre 2,4 pour cent et 2,7 pour cent pour les trois années suivantes.

Belousov attribue ce changement à la détérioration de la situation économique, qui rend impossible le maintien des taux de croissance salariale antérieurs. Le ralentissement de la croissance économique, la baisse des bénéfices des entreprises, le gel des investissements et la chute de la rentabilité dans la plupart des secteurs sont autant de facteurs qui contribuent à cette situation. Il met en garde contre un risque de récession, en particulier au début de l’année, malgré une croissance modeste prévue de 0,9 pour cent à 1,2 pour cent cette année.

Fin de la « course aux salaires »

La CMASF et la banque centrale ont toutes deux déjà averti que la « course aux salaires » en Russie touchait à sa fin. De nombreuses entreprises se retirent, car leur capacité à répercuter la hausse des coûts de main-d’œuvre sur les consommateurs par le biais d’augmentations de prix diminue. La CMASF note que les salaires représentent désormais une part inhabituellement importante du PIB, ce qui réduit les autres formes de revenus, en particulier les bénéfices des entreprises – une tendance observée historiquement lors des crises économiques et qui indique une marge de manœuvre limitée pour de nouvelles hausses salariales.

La croissance des salaires devrait rester inégale dans l’ensemble de l’économie, avec des hausses plus fortes dans les secteurs liés à la défense et des performances plus faibles dans les industries civiles. Une enquête réalisée en janvier par la banque centrale a révélé qu’environ la moitié des entreprises ne prévoient pas d’augmenter les salaires au premier trimestre, tandis que celles qui ont l’intention de le faire le font de manière plus agressive. L’augmentation salariale moyenne prévue est passée de 0,77 pour cent à 2,8 pour cent.

Priorité à la part de marché

Nataliya Orlova, économiste en chef de la banque Alfa, suggère que de nombreuses entreprises donneront la priorité à la défense ou à l’expansion de leur part de marché plutôt qu’à la réduction de leurs activités dans un contexte de ralentissement de la croissance et de pression financière. Elle estime que les entreprises disposant de ressources suffisantes ne sont pas susceptibles de réduire leurs activités, mais choisiront plutôt de se livrer à la concurrence en utilisant leurs propres fonds, le crédit et, éventuellement, des salaires plus élevés. (jv)

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