La Fed devrait laisser ses taux inchangés demain malgré la pression exercée par Trump


Principaux renseignements

  • La Réserve fédérale devrait marquer une pause demain lors de sa réunion sur les taux d’intérêt, compte tenu des indicateurs économiques positifs, tels que le faible taux de chômage.
  • Le président Donald Trump continue de faire pression sur la Fed pour qu’elle réduise les coûts d’emprunt, ce qui crée des tensions politiques et menace l’autonomie de l’institution.
  • L’avenir de la politique monétaire est incertain, car le nouveau président de la Fed, qui sera probablement choisi par Trump, devra relever le défi de trouver un équilibre entre la stabilité économique et les attentes politiques.

La Réserve fédérale devrait maintenir les taux d’intérêt à leur niveau actuel mercredi, malgré la pression continue du président Trump concernant les coûts d’emprunt. Cette pause fait suite à trois baisses consécutives des taux à la fin de l’année 2025.

Faible taux de chômage

Bien que la durée de cette pause reste incertaine, les responsables de la Fed semblent moins enclins à procéder à de nouvelles baisses immédiates. Le renforcement de l’économie et la faiblesse du chômage leur ont donné l’assurance qu’ils pouvaient agir avec prudence. Cependant, des inquiétudes persistent concernant l’inflation, qui devrait rester supérieure à leur objectif de 2 pour cent pendant encore un an.

La Fed doit trouver un équilibre délicat : assurer la stabilité du marché du travail sans restreindre indûment la croissance économique par des taux d’intérêt excessivement élevés. Cette tâche est compliquée par les pressions politiques exercées par la Maison Blanche, qui préconise une baisse significative des coûts d’emprunt. Le président de la Fed, Jerome Powell, a récemment accusé l’administration de mesures de rétorsion à son encontre en raison d’une enquête sur les rénovations du siège de la Fed, ce qui lui a valu les critiques des législateurs républicains.

L’avenir de la Réserve fédérale

La situation est encore compliquée par la remise en cause du poste de Lisa Cook en tant que gouverneure de la Fed. Trump a tenté de la démettre de ses fonctions l’année dernière, et bien que la Cour suprême n’ait pas encore rendu sa décision finale, plusieurs juges ont exprimé des réserves quant à l’autonomie de la Fed si son licenciement était confirmé.

La volonté de Trump de nommer ses partisans à la majorité du conseil des gouverneurs de la Fed est bien connue, et il est sur le point d’annoncer le successeur de Powell lorsque son mandat prendra fin en mai. La pause imminente dans les baisses de taux ne manquera pas d’exacerber les tensions entre la Fed et le président. Cependant, les économistes prévoient que la banque centrale restera ferme, à moins que des signes plus prononcés d’affaiblissement du marché du travail n’apparaissent.

Divisions au sein de la Réserve fédérale

Les délibérations de la Fed ont été particulièrement controversées. Des divisions sont apparues à chaque baisse de taux mise en œuvre l’année dernière, culminant en décembre avec un vote très divisé. Alors que certains responsables étaient favorables à une pause totale dans les baisses de taux, d’autres préconisaient des réductions plus agressives. Ces divisions se sont quelque peu apaisées depuis que les taux ont atteint un niveau « neutre » qui ne stimule ni ne restreint la croissance économique.

Les données économiques positives, malgré les distorsions persistantes liées à la fermeture du gouvernement précédent, ont contribué à ce sentiment d’équilibre. L’inflation a terminé l’année dernière à un niveau inférieur aux prévisions et le marché du travail s’est stabilisé au cours du mois précédent. Ces perspectives relativement favorables devraient persister pendant une grande partie de l’année 2026, réduisant encore l’urgence de nouvelles baisses des taux.

Le prochain président de la Fed

Toutefois, les inquiétudes concernant l’inflation persistent, même si elles restent modérées. Par conséquent, la responsabilité de relancer les baisses de taux incombera probablement au prochain président de la Fed, qui devrait donner la priorité à la réduction des coûts d’emprunt, comme l’indiquent les préférences de Trump.

Il sera essentiel de convaincre les autres membres du comité de politique monétaire, qui comprend les présidents et gouverneurs des banques régionales. Cette tâche nécessitera de présenter des arguments convaincants étayés par des analyses de données. Les précédents historiques suggèrent que l’influence d’un nouveau président s’accroît avec le temps, mais que son succès dépend en fin de compte de sa capacité à convaincre le comité par des arguments et des preuves raisonnés.

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(ns)(fc)

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