Ancien président de la Commission européenne, Barroso : « Relations transatlantiques au plus bas depuis la création de l’OTAN


Principaux renseignements

  • L’ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, affirme que les relations entre l’Europe et les États-Unis sont au plus bas depuis la création de l’OTAN.
  • Les actions du président Donald Trump ont érodé la confiance dans les États-Unis en tant qu’allié fiable.
  • Face à ce déclin des relations transatlantiques, les dirigeants européens cherchent activement à renforcer la « souveraineté européenne » en matière de défense afin de garantir leur sécurité.

L’ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, estime que les relations entre l’Europe et les États-Unis sont au plus bas depuis la création de l’OTAN, rapporte CNBC. Il attribue le déclin à l’approche diplomatique perturbatrice adoptée par l’actuelle administration américaine.

Accent mis sur les intérêts nationaux

Cette évolution a conduit de nombreuses personnes, tant au sein de l’Union européenne qu’au Royaume-Uni, à remettre en question les relations transatlantiques et à exprimer des doutes quant à la fiabilité des États-Unis en tant qu’allié. La poursuite par le président Donald Trump du Groenland, y compris les menaces d’action militaire et l’augmentation des droits de douane sur les pays européens, a considérablement érodé la confiance des dirigeants européens et du public.

Barroso observe une importance croissante accordée aux intérêts nationaux dans les relations entre l’Europe et les États-Unis, qui remplace le fondement traditionnel des valeurs démocratiques communes. Il décrit cette situation comme une « phase de rupture », laissant l’avenir de l’alliance incertain.

Ambitions de Trump dans l’Arctique

Si le président Trump a assoupli sa position sur l’acquisition du Groenland par la force militaire ou les droits de douane, il reste déterminé à exercer son contrôle sur le territoire arctique. Bien qu’il ait laissé entendre qu’un accord était possible avec le Danemark à l’issue d’une réunion avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, aucun accord concret n’a été conclu et le Danemark n’a confirmé aucun arrangement de ce type.

Barroso qualifie le président Trump de « grand perturbateur » qui adopte souvent une position plus dure envers ses alliés qu’envers ses adversaires. Les enquêtes menées par le Conseil européen des relations étrangères révèlent une baisse de la perception des États-Unis comme un allié partageant des valeurs communes, avec seulement 16 pour cent des Européens qui les considèrent comme tels, contre 21 pour cent en 2014.

Cette érosion de la confiance est particulièrement évidente au Royaume-Uni, où le pourcentage est passé de 37 pour cent l’année précédente à 25 pour cent.

Souveraineté européenne

En réponse à cette évolution, les dirigeants européens poursuivent activement la « souveraineté européenne » en matière de défense, sous la pression de l’administration Trump concernant les dépenses de défense. Barroso soutient qu’une OTAN plus européanisée est essentielle à la survie de l’alliance, soulignant la nécessité pour l’Europe de renforcer ses propres capacités de défense plutôt que de compter uniquement sur le soutien américain.

Lors du sommet de l’OTAN qui s’est tenu l’année dernière à La Haye, les États membres se sont engagés à augmenter leurs dépenses de défense et de sécurité pour atteindre 5 pour cent de leur production économique d’ici 2035, suite à de fortes pressions de Washington.

Malgré son pessimisme quant à l’état actuel des relations transatlantiques, Barroso met en garde contre la proclamation de la fin de l’alliance. Il reconnaît l’importance durable des États-Unis pour la sécurité de l’Europe. (uv)

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