BASF reçoit des centaines de millions d’euros provenant des contribuables


Principaux renseignements

  • BASF a reçu des centaines de millions d’euros provenant des contribuables.
  • Malgré l’aide gouvernementale, BASF a enregistré une baisse de son bénéfice d’exploitation et de son chiffre d’affaires en 2025.
  • BASF se restructure pour réduire ses coûts, mais reste engagée dans une croissance à long terme en Chine malgré les défis du marché dans ce pays.

Le géant de la chimie allemand BASF a reçu l’année dernière des centaines de millions d’euros provenant des contribuables. Cet argent provenait de garanties gouvernementales accordées pour des projets russes passés entrepris par la filiale de BASF, Wintershall DEA.

Les paiements arrivent à un moment crucial pour BASF, alors que l’entreprise est confrontée à des résultats financiers décevants. Rien qu’au troisième trimestre, BASF a reçu 229 millions d’euros, selon des sources industrielles citées par le Handelsblatt. D’autres paiements ont été effectués au quatrième trimestre. Le montant total exact n’a pas été divulgué par l’entreprise.

Wintershall DEA

Ces paiements trouvent leur origine dans les garanties gouvernementales accordées en 2016. Le gouvernement fédéral de l’époque avait accordé ces garanties à Wintershall DEA pour des investissements dans des gisements de gaz russes. Cette décision reflétait une stratégie politique délibérée visant à favoriser la coopération énergétique avec la Russie, jugée judicieuse tant sur le plan économique que diplomatique à l’époque.

BASF a confirmé que « les remboursements reçus par Wintershall Dea au titre des garanties fédérales sont distribués sous forme de dividendes provenant du résultat net aux actionnaires de Wintershall DEA ». La société a refusé de fournir plus de détails, indiquant qu’elle publierait ces chiffres dans son rapport annuel 2025 à la fin du mois de février.

Résultats financiers médiocres

Le moment choisi pour ces paiements est important pour BASF, car la plus grande entreprise chimique mondiale a annoncé jeudi soir, après la clôture des marchés, des résultats financiers médiocres. Son bénéfice d’exploitation est tombé à 6,6 milliards d’euros en 2025, contre 7,2 milliards d’euros l’année précédente.

Le chiffre d’affaires a également diminué, passant de 61,4 milliards d’euros à 59,7 milliards d’euros. Ce résultat est non seulement inférieur aux chiffres de l’année précédente, mais il est également en deçà des prévisions de BASF et des attentes des analystes. La société avait initialement prévu un bénéfice d’exploitation compris entre 6,7 et 7,1 milliards d’euros pour 2025.

Excédents mondiaux et taux de change

La baisse des marges et les taux de change défavorables sont cités comme les principales raisons de cette performance modérée. L’ensemble de l’industrie chimique est confrontée à un excédent de produits chimiques de base sur les marchés mondiaux. En outre, le ralentissement économique en Allemagne, qui touche des clients clés de l’industrie chimique comme le secteur automobile, ajoute aux difficultés de BASF.

La pression accrue sur les prix exercée par la Chine est un autre facteur important. Les entreprises chimiques chinoises ont considérablement augmenté leurs capacités de production ces dernières années. La demande intérieure étant faible, les producteurs chinois inondent les marchés mondiaux de produits à bas prix, ce qui réduit encore les marges des fabricants occidentaux.

Contraintes géopolitiques

Les incertitudes géopolitiques pèsent également sur l’activité. Les politiques commerciales américaines ont récemment créé une volatilité des marchés et entraîné des taux de change défavorables. L’Amérique du Nord est, après l’Europe, le deuxième marché de BASF en termes de ventes.

Le siège social de BASF à Ludwigshafen est soumis à une pression particulière en raison de coûts énergétiques relativement élevés. Alors que les coûts de l’entreprise ont augmenté, les volumes de vente n’ont connu qu’une légère hausse.

Efforts de restructuration

Pour relever ces défis, BASF met en œuvre un programme de restructuration complet visant à économiser 2,1 milliards d’euros d’ici la fin de l’année. Ce programme prévoit la suppression d’environ 3 300 emplois dans le monde, dont environ 700 dans la production à Ludwigshafen. Cependant, la restructuration aura un impact négatif sur les bénéfices à court terme.

Malgré le ralentissement actuel, BASF reste stratégiquement engagé en Chine. L’entreprise investit dans un nouveau site intégré dans ce pays, dans le but d’assurer une croissance à long terme, même si le marché présente déjà une surcapacité importante et que de faibles marges sont acceptées en conséquence. (uv)

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