Principaux renseignements
- La Chine devrait augmenter considérablement ses importations maritimes de pétrole russe en janvier en raison du durcissement des sanctions occidentales.
- Les nouvelles sanctions occidentales visant les vendeurs de pétrole et les compagnies maritimes russes poussent la Russie à réorienter ses exportations.
- L’Inde et la Turquie ont réduit leurs achats de brut russe de l’Oural, ce qui a entraîné un excédent et exercé une pression à la baisse sur les prix.
La Chine devrait augmenter considérablement ses importations de pétrole russe par voie maritime en janvier, selon Reuters. Cette augmentation est due au durcissement des sanctions occidentales qui obligent la Russie à réorienter ses exportations. Les données préliminaires indiquent que la Chine recevra près de 1,5 million de barils par jour de brut russe ce mois-ci, soit une augmentation notable par rapport aux quelque 1,1 million de barils par jour importés en décembre.
La Chine, qui est déjà un important acheteur de pétrole brut provenant de l’Extrême-Orient russe, a également augmenté ses importations de pétrole de l’Oural, la principale qualité d’exportation de la Russie provenant des ports occidentaux, pour atteindre un niveau record de 405 000 barils par jour en janvier. Cette augmentation est la plus forte depuis la mi-2023.
Impact des sanctions
Cette nouvelle tendance coïncide avec les nouvelles sanctions imposées par les États-Unis et l’UE à la fin de 2025 aux vendeurs et aux compagnies maritimes russes, notamment aux géants Rosneft et Lukoil. Ces mesures ont compliqué les transactions pour certains acheteurs et intensifié le contrôle des cargaisons russes.
Après le boycott européen en 2022, l’Inde est devenue le plus grand acheteur de pétrole russe de l’Oural. En décembre, le pays a toutefois réduit ses importations. Le volume est tombé en dessous d’un million de barils par jour, ce qui représente une baisse considérable par rapport à la moyenne de 1,3 million de barils en 2025. Les raffineurs indiens devraient maintenir leurs importations à environ un million de barils par jour en janvier, car ils diversifient leurs sources d’approvisionnement.
Recul turc
En janvier, la Turquie a également réduit ses importations de pétrole de l’Oural à environ 250 000 barils par jour, contre une moyenne d’environ 275 000 barils par jour en 2025 et un pic d’environ 400 000 barils par jour en juin dernier.
L’Inde et la Turquie limitant leurs achats, certaines cargaisons russes ont été redirigées vers la Chine. Cet excédent de barils de l’Oural a exercé une pression sur les prix. Les remises accordées pour le pétrole de l’Oural livré à la Chine à la fin de 2025 ont atteint jusqu’à 12 dollars (environ 10 euros) par baril par rapport au Brent, la référence mondiale suivie par ICE Futures Europe. Actuellement, les écarts de l’Oural sont proches de moins 10 dollars (environ 8,5 euros) par baril par rapport au Brent.
Interdiction européenne sur les carburants
Les négociants attribuent la baisse de la demande en Inde et en Turquie à l’interdiction européenne sur les carburants fabriqués à partir de pétrole brut russe. Ces deux pays exportent beaucoup de diesel vers l’Europe. Depuis le début de la guerre en Ukraine, ils dépendaient fortement du pétrole russe bon marché. (uv)
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