Principaux renseignements
- En raison des niveaux critiques de stockage de gaz en Europe, des importations supplémentaires seront nécessaires cet été pour reconstituer les réserves.
- Les conditions météorologiques exceptionnellement froides entraînent une augmentation de la demande de chauffage, tandis que les écarts de prix défavorables découragent la constitution de stocks.
- Le rythme actuel d’épuisement des réserves est sans précédent et montre la vulnérabilité de l’Europe face aux perturbations de l’approvisionnement énergétique, ainsi que la nécessité de trouver des solutions à long terme pour garantir la sécurité énergétique.
L’Europe est confrontée à des stocks de gaz exceptionnellement bas, alors que les températures hivernales inférieures à la moyenne ont fortement augmenté la demande en chauffage. Le 21 janvier, les stocks de gaz dans l’Union européenne n’étaient remplis qu’à 47 pour cent en moyenne. Ce chiffre est nettement inférieur à la moyenne saisonnière des dernières années, selon Bloomberg. L’Europe devra donc probablement importer beaucoup plus de gaz cet été pour reconstituer ses stocks.
Différences de prix et effets de référence mondiaux
Le temps froid a entraîné une forte augmentation de la demande directe de gaz, tandis que les différences de prix défavorables entre les prix hivernaux et estivaux découragent la constitution de stocks. Les prix mondiaux de référence du gaz ont également augmenté récemment en raison du temps arctique qui sévit dans l’hémisphère nord, ce qui a rendu les importations de GNL plus coûteuses tant pour l’Europe que pour l’Asie. En conséquence, les contrats à terme sur le gaz naturel TTF néerlandais à échéance proche, qui servent de référence pour le commerce du gaz en Europe, ont bondi de 30 pour cent depuis le 1er janvier.
Selon Ole Hansen de la Saxo Bank, cette situation a contraint les acheteurs européens à payer une prime pour garantir leur approvisionnement. Les traders sont désormais optimistes quant au gaz européen, et les fonds achètent de manière agressive sur le marché.
Stock en baisse rapide
Le taux d’épuisement actuel est le plus rapide jamais enregistré depuis le début de la surveillance complète. En général, les niveaux de stockage descendent rarement en dessous de 35 à 40 pour cent avant que la demande saisonnière ne se modère à la fin de l’hiver.
Facteurs contribuant à l’accélération de la consommation
Plusieurs facteurs contribuent à l’accélération de la consommation de gaz en Europe :
- Météo : le froid prolongé a entraîné une augmentation de la demande de chauffage supérieure aux prévisions habituelles.
- Vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement : la dépendance vis-à-vis des importations de GNL (qui représentent aujourd’hui environ 60 pour cent de l’approvisionnement total) crée de nouvelles vulnérabilités pendant les périodes de pointe de la demande. La concurrence avec les marchés asiatiques pour les cargaisons de GNL au comptant intensifie encore les pressions sur les prix.
Différences en matière de capacité de stockage
Les pays de l’UE présentent des degrés d’adéquation des capacités de stockage variables en fonction de la capacité des installations nationales, des modes de consommation et de l’accessibilité des infrastructures d’importation. Les pays du nord-ouest de l’Europe sont particulièrement vulnérables en raison de leur forte densité de population, de leur consommation industrielle importante de gaz et de leur dépendance historique à l’égard des approvisionnements russes par gazoduc.
La situation actuelle présente des similitudes avec la crise énergétique de 2021-2022, bien qu’il existe des différences en termes de niveaux de prix et de niveaux de stockage à l’heure actuelle. Les mécanismes de réponse mis en place par les gouvernements lors de la crise précédente fournissent désormais des cadres établis pour relever les défis actuels.
Scénarios de reprise
Les scénarios de reprise dépendent de facteurs tels que les conditions météorologiques et la capacité d’importation de GNL. Un temps clément pourrait contribuer à stabiliser les niveaux de stockage, tandis que les importations maximales de GNL sont cruciales, mais se heurtent à des contraintes logistiques et aux conditions du marché mondial.
Une période de froid prolongée pourrait faire baisser les niveaux de stockage jusqu’aux limites techniques minimales d’exploitation, déclenchant des protocoles d’intervention d’urgence et d’éventuelles mesures de rationnement de la demande.
Besoin d’une vision à long terme
Les contraintes persistantes de la chaîne d’approvisionnement et les incertitudes géopolitiques continuent de menacer la sécurité énergétique. Les décideurs politiques et le secteur doivent suivre de près les tendances en matière de stockage. Ils doivent coordonner les mesures d’urgence et examiner les stratégies à long terme. C’est la seule façon pour l’Europe de répondre à ses besoins actuels et futurs en gaz. (uv)
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