Coalition internationale nécessaire pour lutter efficacement contre la flotte fantôme russe


Principaux renseignements

  • Les pays occidentaux doivent collaborer pour démanteler la flotte fantôme russe, qui contourne les sanctions et finance l’effort de guerre.
  • Les efforts coordonnés doivent se concentrer sur les pétroliers sans nationalité, l’élargissement des sanctions contre les entités de soutien, et la lutte contre les facteurs économiques qui alimentent le commerce illégal.

La récente saisie du pétrolier Marinera par les garde-côtes américains avec l’aide des Britanniques a mis en lumière la flotte fantôme russe, un réseau de navires utilisés pour contourner les sanctions occidentales sur les exportations de pétrole russe, rapporte The Moscow Times.

La flotte, estimée à plus de 3 300 navires transportant chaque année des milliards de dollars de pétrole brut, représente une menace à plusieurs niveaux. Elle sape les sanctions, finance potentiellement l’effort de guerre de la Russie et compromet la sécurité maritime en raison de l’état souvent délabré des navires et du manque d’équipage et d’assurance appropriés.

Nécessité d’une approche coordonnée

Si les responsables politiques britanniques ont promis de prendre des « mesures énergiques » contre la flotte fantôme, il n’est pas certain que ces paroles se traduisent par des mesures concrètes. Le Royaume-Uni dispose des capacités militaires nécessaires pour mener des opérations d’abordage, comme le démontre son unité d’élite, le Special Boat Service. Cependant, de telles actions comportent des risques, notamment des représailles potentielles de la part de la Russie et des contestations juridiques au niveau international.

Pour lutter efficacement contre la flotte fantôme, une action unilatérale de la Grande-Bretagne est insuffisante. Une approche coordonnée impliquant les alliés européens est cruciale, ciblant les pétroliers sans pavillon ou battant pavillon irrégulier. Cette stratégie devrait s’accompagner de sanctions élargies contre la flotte, ses acheteurs et les entreprises fournissant des services maritimes essentiels. La Suède et la Finlande ont proposé une interdiction générale du transport maritime, de l’assurance, de l’équipage et d’autres opérations liées aux navires transportant des ressources énergétiques russes, ce qui pourrait perturber considérablement le commerce illicite.

Facteurs économiques sous-jacents

L’efficacité de ces mesures dépend de la prise en compte des facteurs économiques sous-jacents qui alimentent la résilience de la flotte fantôme. Il convient de noter que des pays comme l’Inde et la Chine continuent d’acheter des quantités importantes de pétrole brut russe, ce qui souligne la nécessité d’exercer des pressions diplomatiques et de mettre en place d’éventuels accords alternatifs d’approvisionnement énergétique afin de réduire la dépendance de la Russie à l’égard de ce réseau maritime opaque. (uv)

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