Principaux renseignements
- La Chine économise des milliards en important du pétrole iranien à prix réduit malgré les sanctions occidentales
- Les raffineurs chinois indépendants stimulent la demande de brut iranien, tandis que les entreprises publiques évitent ce type d’achats.
- L’abondance des réserves de pétrole iranien stockées en mer et dans des réservoirs contribue à élargir les remises, attirant ainsi les raffineurs chinois soucieux des coûts.
La Chine dépend fortement des importations de pétrole iranien, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux perturbations de l’approvisionnement dues aux conflits au Moyen‑Orient. Cette dépendance est encore renforcée par le rôle de la Chine en tant qu’importateur majeur de pétrole en provenance du Venezuela et de la Russie, tous deux soumis à des sanctions occidentales. Grâce à ces achats stratégiques, la Chine a pu économiser des milliards d’euros sur ses coûts d’importation ces dernières années.
Selon les données de la société d’analyse Kpler, la Chine achète plus de 80 pour cent du pétrole exporté par l’Iran. En raison des sanctions américaines contre le programme nucléaire de Téhéran, le pétrole iranien ne dispose que d’un marché limité. L’année dernière, la Chine a importé en moyenne 1,38 million de barils de pétrole iranien par jour, soit environ 13,4 pour cent des 10,27 millions de barils par jour importés par voie maritime.
Raffineurs indépendants
Les principaux acheteurs de pétrole brut iranien en Chine sont des raffineries indépendantes, également appelées « teapots », principalement concentrées dans la province du Shandong. Ces raffineries sont attirées par le prix plus bas du pétrole iranien par rapport aux barils non soumis aux sanctions. Les teapots fonctionnent avec de faibles marges et doivent faire face à une faible demande intérieure de produits raffinés. Elles représentent environ un quart de la capacité de raffinage de la Chine.
Selon des commerçants et des experts, les grandes compagnies pétrolières d’État chinoises ont cessé d’acheter du pétrole iranien depuis 2018/2019.
Décote
Depuis décembre, le pétrole brut léger iranien se négocie avec une décote de 8 à 10 dollars le baril par rapport à l’ICE Brent à la livraison en Chine, en hausse par rapport à la décote de 6 dollars enregistrée en septembre.
Cette décote croissante est attribuée à l’abondance de l’offre, stockée dans des réservoirs terrestres et sur des installations flottantes. L’Iran dispose actuellement d’une quantité record de pétrole en mer, correspondant à environ 50 jours de production. Cette accumulation résulte de la baisse des achats par la Chine en raison des sanctions et des efforts de Téhéran pour protéger ses stocks contre d’éventuelles frappes américaines.
Sanctions américaines
Les sanctions américaines contre Téhéran ont été rétablies en 2018, l’administration Trump ayant imposé plusieurs nouvelles séries de sanctions visant le commerce pétrolier iranien depuis son entrée en fonction en janvier. Ces sanctions comprennent des pénalités à l’encontre de trois raffineries chinoises, ce qui a conduit certaines raffineries indépendantes de taille moyenne à réduire leurs achats par crainte d’être désignées.
Pékin s’oppose aux sanctions unilatérales et défend la légitimité de son commerce pétrolier avec l’Iran. Pour contourner les contrôles, le pétrole iranien importé par la Chine est souvent étiqueté comme provenant d’autres pays, tels que la Malaisie, une plaque tournante importante pour le transbordement, ou l’Indonésie. Il est à noter que les données douanières chinoises ne font état d’aucune livraison de pétrole en provenance directe d’Iran depuis juillet 2022. (fc)
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