PDG de Ryanair O’Leary plaide pour salaires millions pour hauts responsables politiques : « La politique manque d’approche Ryanair en coûts et efficacité »


Principaux renseignements

  • Michael O’Leary, PDG de Ryanair, estime que les hauts responsables politiques devraient percevoir plus d’un million de livres sterling (environ 1,2 million d’euros) par an afin d’attirer les meilleurs talents dans la fonction publique.
  • Ryanair privilégie l’efficacité dans tous les aspects de ses opérations.
  • M. O’Leary prévoit de quitter son poste de PDG dans les cinq à dix prochaines années, mais il envisage de négocier une indemnité de départ substantielle pour son dernier contrat.

Michael O’Leary, PDG de Ryanair, estime que les hauts responsables politiques devraient percevoir des salaires nettement plus élevés, supérieurs à 1 million de livres sterling (environ 1,2 million d’euros) par an, afin d’attirer les meilleurs talents vers la politique. Il cite en exemple positif la pratique en vigueur à Singapour, où les dirigeants du secteur public sont bien rémunérés. C’est ce que rapporte le Financial Times.

« Approche provocatrice »

O’Leary attribue en partie le succès de Ryanair et sa position de compagnie aérienne la plus importante et la plus rentable d’Europe à son penchant pour les déclarations provocatrices sur divers sujets. Cette stratégie génère une publicité gratuite considérable, réduisant ainsi au minimum les dépenses publicitaires traditionnelles.

Son franc-parler s’étend à la critique des politiciens. Il a donné des surnoms colorés à des personnalités politiques telles qu’Ursula von der Leyen et Boris Johnson, et a exprimé des opinions tranchées sur leur compétence ou leur manque de compétence. O’Leary suggère même que Nigel Farage devrait faire face à des conséquences juridiques pour son rôle dans le Brexit.

Réduction des coûts

En matière de gouvernance, O’Leary envisage une approche similaire à celle de Ryanair : minimiser les dépenses inutiles et mettre l’accent sur l’efficacité. Il préconise la réduction des prestations sociales, arguant que les individus devraient donner la priorité à l’emploi.

L’engagement de Ryanair en faveur de la réduction des coûts a donné lieu à de nombreuses pratiques commerciales controversées. Par exemple, la compagnie aérienne a envisagé de faire payer l’utilisation des toilettes aux passagers, non pas principalement pour générer des revenus, mais pour encourager l’allègement des avions grâce à une réduction de la consommation de carburant.

Efficacité comme priorité

La compagnie aérienne privilégie l’efficacité dans tous les aspects de ses opérations. Les bornes d’enregistrement automatique des bagages éliminent les éventuelles discussions avec les passagers concernant le poids des bagages. Si O’Leary affirme que Ryanair ne « déteste » pas ses clients, il insiste toutefois sur l’importance de respecter les règles de l’entreprise.

La franchise de O’Leary s’étend même à Donald Trump, qui l’a un jour appelé personnellement pour lui demander d’augmenter le nombre de vols vers les aéroports situés à proximité de ses terrains de golf. O’Leary a décliné l’offre de Trump, déclarant qu’elle ne correspondait pas à ses préférences.

Projets d’avenir

En ce qui concerne sa propre rémunération, O’Leary prévoit de négocier un package substantiel dans son prochain contrat, mais rejette toute suggestion d’intégrer des considérations ESG dans la discussion. Il prévoit de quitter son poste de PDG dans les cinq à dix prochaines années, mais a déjà établi une feuille de route pour l’avenir de Ryanair.

D’ici 2030, la compagnie aérienne vise une augmentation du bénéfice net par passager et, d’ici 2035, elle souhaite porter sa flotte à 800 avions. Ryanair continuera à se concentrer sur les liaisons européennes et à éviter les vols long-courriers, jugés incompatibles avec son modèle économique.

O’Leary reconnaît qu’il existe un « plafond logique » pour la croissance de Ryanair en Europe, mais il estime que la compagnie peut dépasser les 400 millions de passagers annuels prévus d’ici 2040 grâce à l’augmentation des revenus et du temps libre. Il a exclu d’assumer un rôle de conseiller après son départ.

Négociations avec Airbus

Actuellement, O’Leary se concentre principalement sur les négociations relatives aux avions, la gestion financière et le maintien d’un contrôle strict des coûts. Ryanair est en pourparlers avec Airbus au sujet de nouveaux avions pour sa filiale Lauda. Alors que Ryanair exploite exclusivement des Boeing 737, ce qui lui permet une grande flexibilité opérationnelle, O’Leary se dit intéressé par l’intégration d’avions Airbus dans le groupe afin de bénéficier d’un effet de levier dans les négociations d’achat d’avions.

Il estime que le plus grand défi pour son successeur sera de maintenir l’engagement indéfectible de Ryanair en faveur de la rentabilité. O’Leary critique Southwest Airlines, qui a autrefois inspiré Ryanair, pour s’être reposée sur ses lauriers et avoir perdu son avantage concurrentiel.

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