Principaux renseignements
- Les chercheurs qui utilisent des outils d’écriture assistée par ordinateur publient beaucoup plus, surtout lorsque l’anglais n’est pas leur langue maternelle.
- Bien que l’IA aide les chercheurs à découvrir des recherches pertinentes, les articles rédigés par l’IA sont moins susceptibles d’être acceptés pour publication dans des revues scientifiques.
- L’étude souligne la nécessité d’établir des lignes directrices et des réglementations claires concernant l’utilisation de l’IA dans la recherche universitaire.
L’utilisation de l’IA dans la rédaction scientifique augmente considérablement la production de documents, en particulier chez les chercheurs dont la langue maternelle n’est pas l’anglais. Cependant, une nouvelle étude de l’université Cornell révèle que cette augmentation de la productivité s’accompagne d’une mise en garde : de nombreux articles générés par l’IA ne répondent pas aux normes de l’évaluation par les pairs.
Augmentation de la productivité
Les chercheurs ont analysé plus de deux millions d’articles de recherche publiés sur des serveurs de préimpression entre 2018 et 2024. Ils ont entraîné un système d’IA à identifier les textes probablement générés par de grands modèles de langage (LLM) tels que ChatGPT et ont comparé les articles rédigés avant et après l’adoption généralisée de ces outils en 2023.
L’étude a révélé que les chercheurs utilisant des outils d’IA ont considérablement augmenté le nombre de leurs publications. Sur un serveur de préimpression en physique et en informatique, les utilisateurs de l’IA ont produit environ 33 pour cent d’articles en plus. En biologie et en sciences sociales, l’augmentation était encore plus importante, dépassant les 50 pour cent. Ce sont les chercheurs dont l’anglais n’est pas la langue maternelle qui ont enregistré les gains les plus importants, certaines institutions asiatiques ayant vu leur production d’articles augmenter de 40 pour cent à 90 pour cent après avoir adopté des outils de rédaction assistée par ordinateur.
Impact de l’IA sur la recherche
Outre l’augmentation de la productivité, l’étude a également révélé que les outils d’IA aidaient les chercheurs à découvrir des articles et des publications plus pertinents et plus récents que les méthodes de recherche traditionnelles. Cela suggère que les LLM pourraient stimuler des idées plus créatives en mettant les chercheurs en contact avec un éventail plus large de connaissances.
Malgré ces avantages, l’étude met en évidence une tendance préoccupante : Les articles rédigés par l’IA ont moins de chances d’être acceptés pour publication dans les revues scientifiques. Les articles rédigés par des humains et obtenant un score élevé en matière de complexité rédactionnelle avaient plus de chances d’être acceptés. Les articles ayant obtenu un score élevé mais susceptibles d’avoir été rédigés par des LLM ont eu moins de succès. Cela indique que les évaluateurs considèrent de nombreux articles générés par l’IA comme non scientifiquement valables, malgré leur langage soigné.
Besoin de règles claires
Les chercheurs plaident donc en faveur de directives claires concernant l’utilisation de l’IA dans les travaux universitaires. Ils estiment qu’il ne faut plus se contenter de demander « Avez-vous utilisé l’IA ? », mais qu’il faut poser une question plus nuancée : « Comment avez-vous utilisé l’IA exactement ? » (jv)
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