Le président de la Fed de Minneapolis soutient les baisses de taux de la Fed afin de protéger le marché du travail


Principaux renseignements

  • Neel Kashkari soutient les récentes baisses de taux d’intérêt de la Fed en tant que mesure visant à protéger le marché de l’emploi qui s’affaiblit.
  • Kashkari donne la priorité à la stabilisation du marché du travail plutôt qu’aux inquiétudes concernant les pics d’inflation potentiels, prévoyant que l’inflation restera proche de son niveau actuel.
  • Malgré les baisses de taux, les taux d’intérêt à long terme pourraient ne pas diminuer de manière significative en raison de la réactivité limitée observée sur certains marchés du crédit.

Neel Kashkari, président de la Federal Reserve Bank of Minneapolis, soutient la récente décision de la banque centrale américaine de baisser les taux d’intérêt. Il estime que cette action est nécessaire pour préserver le marché du travail, qui a montré des signes de faiblesse. Alors que Kashkari prévoyait auparavant deux baisses de taux en 2025, il estime désormais que ces baisses interviendront plus tôt, potentiellement au cours de cette année. Cela rapporte Bloomberg.

La Fed a abaissé ses taux d’intérêt pour la première fois depuis décembre, en raison des inquiétudes suscitées par un marché de l’emploi plus vulnérable. Kashkari souligne que la Fed ne devrait pas s’engager dans une série prédéterminée de baisses de taux. Il est prêt à ajuster sa position en fonction des conditions économiques, par exemple en maintenant le taux actuel si le marché de l’emploi se renforce ou si l’inflation augmente de manière inattendue.

Inquiétudes sur le ralentissement de l’embauche

Kashkari souligne que les embauches ont considérablement ralenti ces derniers mois et que le taux de chômage a atteint son plus haut niveau depuis 2021. Bien qu’une baisse de l’immigration contribue au ralentissement de la création d’emplois, il estime que ce facteur n’explique qu’une partie de la baisse globale.

Il considère qu’une nouvelle détérioration potentielle du marché du travail constitue un risque plus important qu’une poussée de l’inflation. Kashkari prévoit que l’inflation restera proche de son niveau actuel, qui est supérieur à l’objectif de 2 pour cent de la Fed, plutôt que de connaître une augmentation substantielle.

Révision de l’estimation du taux neutre

Kashkari a revu à la hausse son estimation du taux d’intérêt neutre à 3,1 pour cent. Ce taux représente un équilibre où la politique monétaire ne stimule ni n’entrave la croissance économique. Il suggère que des facteurs tels que la réorientation des investissements vers des industries plus efficaces et l’augmentation des coûts pour les capitaux étrangers en raison des droits de douane peuvent avoir contribué à cet ajustement à la hausse.

Kashkari note que même si la Fed met en œuvre de multiples réductions de taux, les taux d’intérêt à long terme pourraient ne pas baisser de manière significative. Il en veut pour preuve la réaction limitée de certains taux de crédit au cours de l’année écoulée, malgré une réduction d’un point de pourcentage du taux de référence de la Fed. Ce manque de réactivité pourrait avoir des implications plus larges pour des secteurs tels que le marché du logement, où les baisses de taux pourraient ne pas apporter beaucoup de soulagement.

Inquiétudes sur les interférences politiques avec la Fed

Enfin, Kashkari s’inquiète des interférences politiques potentielles qui minent l’indépendance de la Fed et érodent la confiance dans sa capacité à contrôler l’inflation. S’il estime que le Federal Open Market Committee (FOMC) reste déterminé à ramener l’inflation à son niveau cible, il reconnaît que la gestion des menaces pesant sur l’autonomie de la Fed échappe au contrôle du FOMC. (uv)

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