Principaux renseignements
- L’OTAN va renforcer sa défense sur son flanc est après la destruction de drones russes par la Pologne.
- Cette attaque a suscité une condamnation internationale et souligné les inquiétudes quant aux intentions de la Russie.
- Cet événement soulève des questions quant à la capacité de l’OTAN à contrer les attaques massives de drones, une tactique de plus en plus utilisée dans la guerre en Ukraine.
Après que la Pologne a abattu des drones qui avaient violé son espace aérien en début de semaine, l’OTAN a annoncé son intention de renforcer ses défenses le long de son flanc oriental. C’est la première fois qu’un membre de l’alliance occidentale réagit directement à une incursion de drones dans le cadre de la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Réponse et réassurance
Aux Nations unies, les États-Unis ont condamné les violations de l’espace aérien en les qualifiant d' »alarmantes » et ont réaffirmé leur engagement à défendre chaque centimètre du territoire de l’OTAN. Ces déclarations visaient à rassurer les alliés, après que le président Trump eut suggéré que l’invasion des drones était peut-être involontaire. La Pologne a fermement rejeté cette idée, qualifiant ces incursions de tentative délibérée de la Russie de tester les capacités de réaction de l’alliance.
Le ministre polonais des Affaires étrangères a déclaré à Reuters qu’il espérait que Washington prendrait des mesures concrètes pour montrer sa solidarité avec Varsovie. Par la suite, les États-Unis se sont joints aux alliés occidentaux pour publier une déclaration exprimant leur inquiétude face à l’incursion des drones et accusant Moscou de violer le droit international et la Charte des Nations Unies.
Démenti de la Russie
La Russie a maintenu que ses forces visaient l’Ukraine au moment de l’incursion et a nié toute intention de frapper le territoire polonais. L’ambassadeur russe Vassily Nebenzia a fait valoir que la portée limitée des drones les empêchait physiquement d’atteindre la Pologne. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a qualifié ces incursions d' »imprudentes et inacceptables » et a annoncé le lancement de l’opération « Eastern Sentry » visant à renforcer les défenses le long du flanc oriental, qui s’étend des États baltes à la Roumanie et à la Bulgarie.
La mission, qui a débuté vendredi soir, utilisera une série de moyens intégrés dans des bases aériennes et terrestres. L’OTAN maintient déjà des forces importantes en Europe de l’Est, mais l’organisation n’a pas précisé le nombre de troupes supplémentaires impliquées dans la nouvelle opération. Rutte a confirmé la participation d’alliés tels que le Danemark, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, et d’autres devraient se joindre à eux.
OTAN mobilise des ressources
L’OTAN a détaillé une augmentation modeste des moyens militaires, notamment des avions de combat et une frégate du Danemark, des avions Rafale de la France et des avions Eurofighter de l’Allemagne. L’Espagne a promis un soutien aérien et la Grande-Bretagne a promis d’annoncer bientôt sa contribution.
Séparément, le président Trump a exprimé sa perte de patience à l’égard du président russe Vladimir Poutine, mais n’a pas menacé de nouvelles sanctions. Entre-temps, la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, s’est rendue à Kiev, où elle a réaffirmé le soutien du Royaume-Uni à l’Ukraine et annoncé un nouveau train de sanctions contre la Russie. L’Allemagne a étendu sa police aérienne au-dessus de la Pologne et, avec la France, a convoqué les ambassadeurs russes pour discuter de l’incident du drone.
Inquiétude européenne
La contradiction directe de la position de Trump par les dirigeants polonais souligne l’inquiétude croissante de l’Europe quant à sa volonté de prendre en compte l’explication de Moscou pour l’incursion. Cet événement soulève également des questions quant à la capacité de l’OTAN à riposter efficacement contre les attaques massives de drones, une tactique souvent utilisée pendant la guerre en Ukraine.
Pour ajouter à la tension, une filiale de la société nucléaire russe Rosatom a signalé avoir intercepté une attaque de drones ukrainiens contre la centrale nucléaire de Smolensk. Il n’y a eu ni dégâts ni victimes. Les dirigeants européens considèrent cet incident comme une nouvelle preuve que Moscou n’est pas intéressée par un accord de paix en Ukraine, malgré les récents pourparlers entre Trump et Poutine.

