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5 ministres belges se rendront à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, où Volodymyr Zelensky monopolisera l’attention, ainsi que les diamants russes

5 ministres belges se rendront à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, où Volodymyr Zelensky monopolisera l’attention, ainsi que les diamants russes
Premier Alexander De Croo (Open Vld) – NICOLAS MAETERLINCK/BELGA MAG/AFP via Getty Images

Ce lundi marque le début de l’Assemblée générale des Nations unies où plusieurs absences notables ne passeront pas inaperçues. Côté belge, la délégation sera au grand complet. Au programme, il sera notamment question de paix, d’objectifs environnementaux, de transition énergétique, mais aussi de sanctions sur les diamants, un point crucial pour la Belgique.

Dans l’actu : la reine et 5 ministres se rendent à New York cette semaine.

  • La reine Mathilde a pris les devants et se trouve déjà dans la Big Apple, à l’invitation du secrétaire générale des Nations unies, Antonio Guterres. Elle participe notamment à un évènement organisé par l’UNICEF et l’OMS à propos de santé mentale et des droits de l’enfant. Elle prendra également part à des tables rondes autour des violences faites aux femmes et aux filles.
  • La délégation belge sera garnie : on y retrouve bien sûr le Premier ministre Alexander De Croo, qui arrivera mardi et prononcera son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies mercredi, à 20 heures.
  • Il sera accompagné des vice-premiers ministres Pierre-Yves Dermagne (Emploi) et Vincent Van Quickenborne (Justice), ainsi que de la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, et de la ministre de la Coopération au développement, Caroline Gennez.
  • Sur le plan international, Volodymyr Zelensky sera présent sur place. Il sera certainement l’invité de marque de cette 78e session des Nations unies, organisée le long de l’East River. On se rappelle que le président ukrainien avait fait une apparition remarquée sous format vidéo l’année dernière, après deux années de pause diplomatique suite au Covid.
  • On sait aussi qui ne sera pas là : Vladimir Poutine, bien sûr, mais aussi le président chinois Xi Jinping. On notera également qu’Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Rishi Sunak ont préféré faire l’impasse cette année, et seront représentés par plusieurs ministres.

L’essentiel : il sera difficile de parler d’autre chose que d’Ukraine, mais c’est l’objectif.

  • Officiellement, les thèmes de cette 78e session seront « Planet, people, peace and prosperity », mais tous les yeux se tourneront forcément vers la guerre en Ukraine qui dure maintenant depuis 571 jours. Sur le terrain, plus beaucoup d’évolutions, mais la question de la fourniture d’armes à l’Ukraine et celle de la sécurité alimentaire figureront à l’agenda de bien des pays.
    • Sur l’Ukraine, la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, prendra la parole lors d’une réunion du Conseil de sécurité, en présence des Russes.
  • Le secrétaire général de l’ONU Guterres a toutefois déjà prévenu que la guerre en Ukraine ne pourra pas monopoliser toute l’attention, car elle est loin d’être la seule crise dans le monde. Il pense notamment à l’Iran, à Haïti, mais aussi à la vague de coups d’État en Afrique.
  • Côté belge, le Premier ministre rencontrera le président congolais Félix Tshisekedi, comme il est de coutume. Alexander De Croo défendra également l’accord intervenu sur les sanctions contre les diamants russes, auprès de l’industrie joaillère.
    • Pour l’heure, la pierre précieuse a échappé aux 11 paquets de sanctions initiés par l’UE. La Belgique était soucieuse de défendre Anvers, la plaque tournante du diamant dans le monde, et a résisté pendant longtemps à la pression. Mais cette pression, émanant aussi du G7, était devenue trop importante.
    • Un accord définitif doit encore survenir, mais un pré-accord est intervenu au niveau du G7, a révélé Le Soir. Un accord qui a été piloté par la Belgique elle-même, la Commission européenne et les États-Unis, plus gros marché mondial. Les négociations ont été longues, car il fallait complètement redéfinir le marché mondial du diamant, dominé par le producteur russe Alrosa, responsable de 40% de l’approvisionnement mondial.
    • Concrètement, les diamants russes seront progressivement bannis de l’UE et des pays du G7. D’abord, les diamants bruts et ensuite les diamants transformés. Il faudra pour cela mettre en place un traçage que le G7 dit imparable pour connaitre l’origine des diamants. Le coup sera dur pour Anvers, mais il a déjà largement été anticipé. On estime que l’importation de diamants russes a déjà baissé de 70% par rapport à l’année dernière.
  • Ailleurs, Pierre-Yves Dermagne se concentrera sur les activités autour du travail décent. Le ministre de la Justice Van Quickenborne signera, lui, une convention que l’on dit historique sur la prévision de la biodiversité océanique au-delà des juridictions nationales. Enfin, la ministre des Affaires étrangères prendra part à des rencontres bilatérales et multilatérales sur le processus de paix au Moyen-Orient ou encore sur la situation des femmes en Afghanistan. La ministre de la Coopération au développement, Caroline Gennez, accompagnera la reine dans la plupart de ses activités.

EVRAS : La protestation contre le programme d’éducation sexuelle se termine par un clash classique entre Georges-Louis Bouchez et Paul Magnette.

  • Durant le week-end, près de 1.500 manifestants se sont rassemblés dans la capitale pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis de l’Evras, ce programme d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, à destination des écoles. Cet événement a vu se mélanger un groupe pour le moins éclectique, composé de femmes musulmanes voilées, d’opposants aux vaccins, d’ex-gilets jaunes et de conservateurs catholiques. Ils protestent tous contre le nouveau module de deux heures destiné aux élèves de sixième primaire et de quatrième secondaire, soit quatre heures sur l’ensemble de la scolarité des élèves francophones.
  • La protestation a pris une tournure alarmante depuis que huit écoles ont été incendiées à Charleroi et à Liège, ce qui n’a pas manqué d’entraîner des répercussions politiques. Georges-Louis Bouchez, président du MR, qui avait initialement choisi une discrétion inhabituelle face à ces manifestations, a fini par critiquer ouvertement le PS.
  • « Qui ne condamnerait pas l’incendie d’écoles ? C’est une évidence. Ceux-ci se déroulent dans des Villes socialistes où la criminalité est élevée. Il serait intéressant que les bourgmestres concernés fassent leur travail et appliquent la tolérance zéro. Pour les écoles mais aussi pour tout le reste », a-t-il déclaré, ciblant directement Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi et président du PS.
  • Magnette a vivement rétorqué : « Les écoles brulent, et après une semaine de silence assourdissant, plutôt que de dénoncer la barbarie, Bouchez se livre à des attaques politiciennes. Cette manière de faire de la politique ne sera jamais la mienne. »
  • Dans les rangs supérieurs du MR, certains reconnaissent en privé avoir « de sérieux doutes » sur la façon dont les manuels « Evras » ont été conçus. « Il semble y avoir eu un manque de réflexion dans cette démarche », commentent des figures emblématiques du MR au sujet de Caroline Désir (PS), la ministre de l’Éducation en charge.
  • On sent que le parti libéral francophone est en pleine réflexion sur cette question. Le fait que le président du MR n’ait pas réagi immédiatement à des choses aussi graves que des incendies d’écoles est tout sauf un hasard. On le sait à la pointe de la lutte anti-woke en Belgique francophone, ce que le programme EVRAS pourrait représenter. La question est de savoir si ce conservatisme, porté par la N-VA au nord du pays, est partagé par tous à l’intérieur du parti. Il nous revient que la non-réaction du président du MR a suscité un certain malaise.
  • Du côté du PS, on a condamné fermement et immédiatement les faits pour ce qu’ils sont : « Des actes terroristes ». Mais le Parti socialiste et Ecolo ont tant de mal à mettre des mots sur les protagonistes de cette vague de protestation : l’extrême droite est presque chaque fois mentionnée comme responsable, au contraire des conservateurs musulmans qui, selon plusieurs enquêtes de terrain, étaient non seulement présents sur place, mais ont aussi une implication directe dans le mouvement.
  • Toujours est-il que la tension monte également au PS vis-à-vis du MR, comme le montre une interview de Ridouane Chadid, chef du groupe PS à Bruxelles, pour La Libre. Il a déclaré clairement : « Si le MR continue d’avoir un discours proche de l’extrême droite, ce sera compliqué de gouverner avec eux. »
  • Il met ainsi des mots sur une idée qui circule au sein du PS : en 2024, si la situation le permet, Bouchez sera mis à l’écart de toute coalition formée par le PS.
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