Principaux renseignements
- Une étude récente révèle que 48 pour cent des Canadiens seraient favorables à l’adhésion de leur pays à l’Union européenne.
- La confiance des Canadiens envers les États-Unis en tant que partenaire international a fortement diminué.
- Le Premier ministre canadien, Mark Carney, n’aurait pas l’intention d’adhérer à l’UE.
Une récente enquête révèle que la confiance des Canadiens envers les États-Unis a fortement baissé. Seuls 24 pour cent ont encore une opinion positive de leurs voisins, tandis que 68 pour cent ont une opinion négative. Les deux tiers de la population canadienne considèrent également les États-Unis comme un allié peu fiable.
Il est également frappant de constater que 48 pour cent des Canadiens sont ouverts à l’idée d’adhérer à l’Union européenne. Pour l’instant, l’impact politique de cette tendance reste toutefois limité. Il n’existe pas encore de plans concrets pour entamer un processus d’adhésion, et des obstacles juridiques subsistent également.
L’Europe gagne en attractivité
Le Canada est clairement à la recherche de nouveaux partenaires dans le cadre de ce que les analystes qualifient de « recalibrage stratégique ». Pas moins de 74 pour cent des Canadiens sont favorables à une coopération plus étroite avec l’Union européenne dans les domaines de la défense, de l’économie et de la politique étrangère.
À long terme également, l’UE semble prendre le dessus. Plus de la moitié des personnes interrogées (52 pour cent) considèrent l’UE comme l’un des partenaires les plus importants pour les trois à cinq prochaines années. Elle devance ainsi tant les États-Unis que la Chine.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a évoqué l’idée que le Canada pourrait un jour adhérer à l’Union européenne. Lors de la conférence Europe 2026, il a cité cet allié transatlantique comme un exemple frappant de l’attrait mondial de l’Union. « À l’heure actuelle, neuf pays sont officiellement candidats à l’adhésion à l’UE. D’autres pays pourraient les rejoindre », a déclaré Barrot. « L’Islande dans quelques semaines ou quelques mois, et peut-être, à un moment donné, le Canada également. »
Nuance
Il faut toutefois prendre ces 48 pour cent avec des pincettes. Ce soutien ne signifie pas que les Canadiens souhaitent massivement adhérer à l’UE. De nombreux répondants y voient plutôt une option stratégique pour l’avenir, dans un monde où les alliances traditionnelles sont moins sûres. Selon l’analyse, il s’agit donc moins d’un désir immédiat d’adhésion que d’un signal indiquant que les Canadiens souhaitent repenser leurs alliances internationales.
Divisions politiques
L’enquête montre également que ce rapprochement avec l’Europe ne fait pas l’unanimité. L’opinion publique reste fortement polarisée selon les clivages politiques. Les électeurs qui soutiennent le gouvernement actuel ont une opinion nettement plus positive de l’UE. À l’inverse, les électeurs de l’opposition restent plus souvent attachés aux liens traditionnels avec les États-Unis.
Le gouvernement lui-même a déjà rejeté toute suggestion d’adhésion à l’UE. Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré qu’il n’y avait aucun projet d’adhésion à l’Union. « La réponse courte est non », a déclaré Carney lorsqu’on lui a posé la question plus tôt cette année lors du sommet de l’OTAN. « Ce n’est pas l’intention. Ce n’est pas la voie que nous empruntons », a-t-il ajouté.
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