4 choses à savoir sur l’OPEP: ses membres et son fonctionnement

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole est un cartel qui permet à ces pays d’influer sur le cours du pétrole. Voici ce qu’il faut savoir sur l’OPEP.

1. Qui sont les membres de l’OPEP?

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (ou « Organization of the Petroleum Exporting Countries », soit OPEC en anglais) est un cartel qui a été créé en 1960 à l’initiative de cinq pays fondateurs: l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Venezuela (qui était le pays à la base de ce projet). Au fil des années, de nouveaux membres les ont rejoints : l’OPEP compte désormais 14 pays membres, principalement au Moyen-Orient et en Afrique.

Le Qatar est devenu membre dès 1961, suivi de l’Indonésie (qui est partie en 2008 puis revenue en 2016) et la Libye en 1962. Les Émirats arabes unis (qui s’appelaient Abou Dabi à l’époque) sont arrivés en 1967, imités par l’Algérie en 1969, le Nigeria en 1971, l’Équateur en 1973 (mais parti en 1992 et revenu en 2007), puis le Gabon en 1975. Les deux derniers pays à avoir rejoint ce cercle restreint sont l’Angola, en 2007, puis la Guinée équatoriale, en 2017. 

2. Quel est le but de l’OPEP?

L’OPEP a été lancée dans le but d’influer sur le cours du pétrole et de réguler le marché en maîtrisant la production de « l’or noir ». En joignant leurs forces, les pays producteurs veulent rééquilibrer les relations avec les grandes compagnies pétrolières occidentales qui régissent le marché. Leur but? S’enrichir et ne plus laisser leur part du gâteau aux compagnies pétrolières: en 1960, un baril de pétrole valait 2$, alors que son prix tourne autour de 70$ désormais, du fait des décisions prises par les pays de l’OPEP notamment.

L’influence de l’OPEP sur le cour du pétrole dépend toutefois énormément du contexte politique, géopolitique et économique du moment. Le point culminant de sa puissance a été atteint lors du premier choc pétrolier qu’elle a impulsé, en 1973. Le second choc pétrolier, de 1979, causé notamment par la révolution iranienne, la fuite du Shah et la guerre Iran-Irak, a été un autre moment fort de la puissance de l’OPEP par le passé.

Il faut aussi noter que son influence tout court décroît en même temps que sa part dans la production de pétrole: les pays de l’OPEP produisaient 55% du pétrole en 1970, mais seulement 42,7% en 2016. La faute à des pays comme la Russie (qui produit autant de pétrole que l’Iran, le Nigeria, le Venezuela, l’Algérie et l’Équateur réunis), le Canada, la Norvège ou encore les États-Unis, qui ne font pas partie de l’OPEP mais qui comptent parmi les principaux producteurs de pétrole. A noter que l’OPEP possède toutefois les 3/4 des réserves de pétrole mondiales.

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3. Quel est le mode de fonctionnement de l’OPEP?

Les ministres en charge du dossier du pétrole dans les pays de l’OPEP se réunissent chaque semestre, et donc plusieurs fois par an, à Vienne, où se situe le siège de l’organisation. Le cartel possède un secrétaire général, élu sous un mandat de trois ans renouvelable. Ce poste est occupé par un des représentants des pays membres. Le Nigérian Mohammed Barkindo est le secrétaire général de l’OPEP depuis 2016. Son rôle est notamment d’être la voix de l’OPEP et de présider les débats entre les pays.

L’OPEP a défini le volume de production de chaque membre. Ce volume doit être respecté (ce qui n’est pas toujours le cas) et peut être ajusté en fonction des besoins des pays consommateurs, comme cela s’est passé dernièrement: un accord a été trouvé avec la Russie pour compenser la baisse de production de l’Iran et du Venezuela, en proie à des problèmes internes. Les pays membres de l’OPEP produisent en moyenne environ 32 millions de barils de pétrole par jour, quand on additionne leurs productions. L’OPEP gère aussi les prix de référence de treize pétroles bruts aux qualités différentes à travers un « panier« . L’OPEP se veut également un organe d’informations sur le pétrole et son économie à travers son site web

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4. Quelles sont les perspectives de l’OPEP sur le long terme?

L’OPEP publie chaque année son bilan. En 2017, le cartel a également publié ses prévisions pour la période 2017/2040. Selon ce bilan, la demande en pétrole va continuer d’augmenter dans ce lapse de temps, en même temps que celle en énergie renouvelable. Pour l’OPEP, la demande de pétrole augmentera de 35% d’ici 2040: cela s’explique par la forte demande à venir des pays émergents.

Tous les pays de l’OPEP sont prêts à augmenter leur production durant cette période, et donc à répondre à la demande, mais il faudra mettre la main à la poche: le cartel estime à 10.500… milliards de dollars les investissements à faire pour pouvoir répondre à cette augmentation de l’offre et la demande. Toute cette production de pétrole aura bien sûr un impact environnemental négatif.

Les pays de l’OPEP sont régulièrement pointés du doigt pour leur impact sur le climat. Mais le cartel ne reste pas les bras croisés pour autant face au réchauffement climatique. « Permettez-moi de souligner que l’OPEP n’a pas seulement salué l’Accord de Paris sur le changement climatique à la COP 21 et son application anticipée vers la fin de 2016. Nos pays membres ont joué un rôle important pour parvenir à l’Accord, et joueront aussi un rôle dans sa mise en œuvre. Les 13 pays membres de l’OPEP ont signé l’Accord et tous ont entamé le processus de ratification », a ainsi commenté en 2017 le Secrétaire général de l’OPEP, Mohammad Barkindo, ajoutant que beaucoup des membres de l’OPEP soutiennent le « développement des énergies renouvelables ». « Beaucoup de nos pays ont de vastes sources d’énergies solaire et éolienne, et des investissements importants sont faits dans ces domaines ».

Il n’empêche que si l’Iran, l’Irak, le Koweït et la Libye ont signé l’Accord de Paris sur le climat, ils ne l’ont pas encore ratifié, ce qui repousse la date de son entrée en vigueur dans ces pays…