1 Européen sur 5 serait prêt à accepter une dictature dans certaines circonstances


Principaux renseignements

  • Une minorité significative d’Européens se dit prête à envisager la dictature dans certaines circonstances spécifiques en raison de leur désillusion vis-à-vis du fonctionnement de la démocratie.
  • Cette désillusion découle d’une crise de confiance plus générale envers les institutions établies à travers l’Europe, comme en témoigne la faible confiance accordée aux partis politiques et aux médias.
  • Malgré l’ouverture de certains à l’égard d’un leadership autoritaire, la majorité (69 pour cent) rejette toujours l’idée d’un régime autoritaire.

Une enquête récente menée dans cinq pays européens a révélé une tendance inquiétante : une minorité significative d’Européens se dit prête à envisager la dictature comme une alternative à la démocratie dans certaines circonstances.

L’enquête de Politico, commandée par le groupe de réflexion Progressive Lab et réalisée par AboutPeople, a interrogé des personnes en Grèce, en France, en Suède, au Royaume-Uni et en Roumanie. Si le mécontentement à l’égard de la démocratie en soi n’était pas généralisé, un pourcentage notable (76 pour cent en Grèce, 68 pour cent en France, 66 pour cent en Roumanie, 42 pour cent au Royaume-Uni et 32 pour cent en Suède) s’est déclaré insatisfait du fonctionnement de la démocratie dans son pays.

Ouverture à l’égard des dirigeants autoritaires

Cette désillusion a contribué à une ouverture croissante envers le leadership autoritaire, 22 pour cent des personnes interrogées indiquant qu’une dictature pourrait être préférable dans certaines situations spécifiques. En outre, 26 pour cent ont déclaré qu’elles ne verraient pas d’inconvénient à sacrifier leurs droits démocratiques si un leader fort et efficace émergeait. Cependant, il est important de noter que la majorité (69 pour cent) rejette toujours cette notion de régime autoritaire.

Les experts suggèrent que ces conclusions reflètent une crise de confiance plus large envers les institutions établies dans toute l’Europe. Citons par exemple la croissance économique rapide de la Roumanie, qui n’a pas conduit à une confiance accrue dans la démocratie libérale, tandis que la Suède voit ses institutions démocratiques mises sous pression. La France et la Grande-Bretagne sont quant à elles confrontées à de profondes crises politiques.

Faible confiance dans les institutions

La confiance dans les institutions reste faible, l’Union européenne bénéficiant du taux d’approbation le plus élevé (43 pour cent), suivie des médias (27 pour cent) et des partis politiques (24 pour cent).

L’enquête a également révélé qu’un tiers des personnes interrogées ne percevaient pas la montée de l’extrême droite comme une menace pour la démocratie. Il est à noter que les Grecs sont ceux qui se sentent le plus déconnectés de leurs partis politiques, 55 pour cent d’entre eux déclarant ne ressentir aucune affinité avec le parti pour lequel ils ont voté lors des dernières élections. Des sentiments similaires ont été exprimés en Roumanie (53 pour cent), au Royaume-Uni (47 pour cent), en France (43 pour cent) et en Suède (32 pour cent).

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