Un produit ménager sur trois considéré comme « potentiellement nocif »

Le magazine français 60 Millions de Consommateurs a renouvelé sa grande étude « Ménag’Score ». Mais les résultats ne sont guère rassurants : un tiers des produits d’hygiène analysés contient trop de substances irritantes, allergisantes, voire cancérogènes ou tout simplement très toxiques.

Tout le monde connait maintenant les nutri-scores : une note qui va de A à E, associée à un code couleur du vert au rouge, présente sur un nombre croissant d’aliments afin d‘informer les consommateurs de ce qui est peu ou prou bon pour leur santé. Un système qui a été proposé et mis en place en 2014 à l’initiative du gouvernement français afin de compléter les informations nutritionnelles déjà présentes sur l’emballage, et qui a depuis été adopté par de nombreux pays.

Mais dans son pays d’origine, il n’est plus seul : depuis 2019, le magazine 60 Millions de Consommateurs, édité par l’Institut national de la consommation (INC), met sur pied son « Ménag’Score », soit le même genre de classement, basé sur les étiquettes, les listes d’ingrédients publiées par les industriels et des fiches de données de sécurité, mais pour les produits ménagers. Car ce n’est pas parce qu’on ne les ingère pas que ceux-ci n’ont aucun impact sur notre santé.

« Produits fortement déconseillés »

Cette année, l’INC a renouvelé l’opération et a publié ce jeudi les résultats dans une édition hors série de son magazine. Et le résultat est plutôt préoccupant : sur 119 produits nettoyants de 52 marques achetés en avril et en juillet 2021, 39 références, soit un tiers d’entre elles environ, sont déconseillées car notées D ou E. Pour rappel, ce dernier score signifie « produits fortement déconseillées, trop de substances problématiques » ; car ceux-ci contiennent une quantité importante de substances irritantes ou allergisantes, comme certains parfums, ainsi que des substances « très nocives pour la santé ou pour l’environnement », dont certaines sont soupçonnées d’être cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction ou d’être des perturbateurs endocriniens.

« Ces produits ne vont pas forcément poser de problème à tous, les personnes allergiques par exemple vont y être plus sensibles », précise Sophie Coisne, rédactrice en chef de ce magazine hors-série. « Mais les fabricants ont encore des efforts à fournir. Il faut vraiment regarder la composition et ne pas se fier aux indications sur les paquets du type ‘élimine 99% des bactéries’ ou ‘produit naturel’. »

Gare aux lingettes « multi-usages »

Particulièrement mis en cause sont les produits d’entretien pour WC, mais aussi les lingettes nettoyantes multi-usages, que les consommateurs ont fort logiquement tendance à utiliser dans n’importe quelle situation, y compris parfois sur leur propre peau. Or, ces deux catégories culminent à 75% de scores D ou E.

L’institut avait lancé en août 2019 une pétition pour demander l’apposition de cet étiquetage sur les produits ménagers, qui a récolté plus de 38.000 signatures. Le gouvernement français a, depuis, annoncé le lancement courant 2022 d’un « Toxi-score » sur ces produits afin d’évaluer leur nocivité.

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