Un homme paralysé vient d’envoyer son tout premier tweet… Par la pensée

Pour la première fois, un patient paralysé a pu communiquer directement sur les réseaux sociaux en « pensant » un tweet. Une touche d’espoir pour les personnes incapables de parler ou de se mouvoir suite à un handicap ou un accident : les machines peuvent leur permettre de s’exprimer à nouveau.

Philip O’Keefe est un Australien de 62 ans qui souffre d’une sclérose latérale amyotrophique: une maladie incurable qui se caractérise par une altération des cellules nerveuses, ce qui leur fait perdre leurs caractéristiques fonctionnelles au niveau des muscles, jusqu’à provoquer une paralysie de plus en plus handicapante, tant pour se déplacer que pour s’exprimer ou se nourrir. Une horrible maladie dont la cause reste à ce jour inconnue, et qui a affecté, entre autres, le fameux physicien Stephen Hawking.

Relier l’esprit à la machine

Mais le 23 décembre dernier, le sexagénaire a pu s’exprimer à l’échelle mondiale en publiant son premier tweet, via le compte du PDG de Synchron, une entreprise spécialisée dans les interface entre machine et cerveau humain. Ce n’est pas un hasard évidemment : dans le tweet, O’Keefe précise bien que celui-ci n’a pas été rédigé grâce à une aide à la saisie ou via une reconnaissance vocale, mais qu’il l’a bel bien, tout simplement, pensé.

L’Australien ne sait plus s’exprimer seul depuis avril 2020, et a reçu depuis l’aide d’une interface cerveau-ordinateur Stentrode : un neurone artificiel est relié au cerveau via la veine jugulaire du cou, puis placé dans la poitrine sous la peau, ce qui évite de devoir percer le crâne ou de pratiquer une opération à cerveau ouvert. Il se place sur le cortex moteur, partie du cerveau en charge des mouvements physiques volontaires, et capte les signaux cérébraux. L’utilisateur peut, par exemple, regarder un écran sur lequel se trouve un clavier et imaginer la lettre qu’il veut taper. Grâce à un dispositif placé sur la poitrine, un algorithme d’apprentissage automatique traitera ensuite les données du cerveau et traduira ces signaux en commandes numériques spécifiques.

Retrouver le contact humain

Avec ce système, Philip O’Keefe a pu maintenir un contact social avec ses proches, et même envoyer des e-mails à caractère professionnel. Mais c’est la première fois que ce genre d’interface permet à un humain une interaction directe avec les réseaux sociaux.

« Lorsque j’ai entendu parler de cette technologie pour la première fois, j’ai su combien d’indépendance elle pouvait me rendre », a déclaré O’Keefe dans un communiqué. « Le système est étonnant, c’est comme apprendre à faire du vélo – il faut de la pratique, mais une fois que vous roulez, cela devient naturel. Maintenant, je pense simplement à l’endroit de l’ordinateur où je veux cliquer, et je peux envoyer des courriels, effectuer des opérations bancaires, faire des achats, et maintenant envoyer des messages au monde entier via Twitter. »

Une étape importante dans le développement de technologies pouvant pallier nos propres déficiences, selon Thomas Oxley, le PDG de Synchron : « Ces tweets amusants sont en fait un moment important pour le domaine des interfaces cerveau-ordinateur implantables. Ils mettent en évidence la connexion, l’espoir et la liberté que les BCI (brain computer interface) offrent aux personnes qui, comme Phil, ont perdu une grande partie de leur indépendance fonctionnelle en raison d’une paralysie débilitante. Nous sommes impatients de faire progresser notre interface cerveau-ordinateur, Stentrode, dans la première étude américaine sur l’homme l’année prochaine. »

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