Travail à domicile obligatoire : le système d’enregistrement « kafkaïen » fait frémir les employeurs

Les organisations patronales réagissent très négativement à l’obligation de travail à domicile que les gouvernements mettent en place pour lutter contre la nouvelle flambée du coronavirus. Le monde de l’entreprise doute de son utilité et appréhende également les lourdeurs administratives que la mesure entraînera.

Le Comité de concertation a décidé hier de rendre à nouveau largement obligatoire le télétravail dans la mesure du possible. « Cela devrait permettre de réduire le nombre de contacts, y compris dans les transports publics », argumente-t-on. Depuis le plan d’été, le travail à domicile n’est plus obligatoire, mais seulement recommandé. Il y a donc à nouveau une obligation.

Voici les lignes directrices concrètes :

  • Le télétravail devient obligatoire dans le secteur privé et dans toutes les administrations publiques, « sauf impossibilité liée à la nature de l’emploi ou à la continuité de l’exploitation ».
  • Un jour de retour au bureau par semaine est possible. Cela signifie quatre jours sur cinq de travail obligatoire à la maison. A partir du 13 décembre, le nombre de jours au bureau pourra être porté à un maximum de deux par semaine.
  • Un registre électronique mensuel doit être tenu et mis à disposition via le portail de la sécurité sociale (ONSS).

De « Kafka » à la « chasse aux sorcières »

Le monde de l’entreprise n’apprécie pas ce registre électronique, où les entreprises devront indiquer quels employés continueront à travailler sur chaque site parce que leur travail l’exige.

  • L’organisation patronale flamande Voka prévient que le contrôle de l’obligation de télétravail ne doit pas se transformer en une chasse aux sorcières contre les entreprises. « L’outil de l’ONSS utilisé à cet effet ce printemps était beaucoup trop lourd et sa valeur ajoutée dans la lutte contre la pandémie n’a jamais été démontrée. La reprise en copier/coller de cet outil n’est pas une option pour nous. »
  • « L’outil d’enregistrement entraînera encore plus de paperasserie pour nos entrepreneurs et ne contribuera en rien à la solution », craint Danny Van Assche de l’organisation des PME Unizo.
  • La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) parle également d' »un système d’enregistrement kafkaïen qui ne contribue en rien à la lutte contre la pandémie ».
  • La ministre flamande du Travail Hilde Crevits (CD&V) a promis dans De Ochtend (Radio 1) qu’elle et son collègue fédéral Pierre-Yves Dermagne (PS) essaieront de limiter l’administratif et de donner une certaine autonomie aux entreprises.

Tout le monde dans le même bain

La critique fondamentale des employeurs sur le travail à domicile obligatoire est connue depuis un certain temps. Ils doutent de l’impact sur le nombre d’infections et remettent en cause une mesure qui touche tout le monde sans distinction.

« De nombreuses entreprises peuvent faire travailler leurs employés covid safe sans problème en appliquant les règles existantes : garder une distance, utilisation de masques buccaux, hygiène des mains. Ceux qui ont investi dans la ventilation – encore largement sous-estimée – et dans des compteurs de CO2, ne devraient certainement pas être punis par une mesure unique », peut-on lire chez Unizo.

Le patronat flamand et la FEB maintiennent leur position antérieure selon laquelle la vaccination est le moyen de sortir de la crise et que le déploiement de la troisième injection, le rappel, doit donc être accéléré.

Toutefois, selon les experts médicaux, cette troisième injection arrivera trop tard pour contrer l’augmentation actuelle des infections de la 4e vague. Des recherches menées notamment aux Pays-Bas indiquent que le lieu de travail est une source de l’infection.

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