Une ONG remboursera une partie de la dette souveraine des Seychelles… A condition qu’on laisse les dauphins tranquilles

Les Seychelles, un archipel de plus d’une centaine de petites îles de l’océan Indien, vient de créer une réserve maritime d’une superficie de 400 000 kilomètres carrés. En contrepartie de cette initiative, The Nature Conservancy (TNC), une association américaine environnementale, a pris en charge 21,6 millions de dollars de la dette publique du pays.

Les Seychelles, un archipel de plus d’une centaine de petites îles de l’océan Indien, vient de créer une réserve maritime d’une superficie de 400 000 kilomètres carrés. En contrepartie de cette initiative, The Nature Conservancy (TNC), une association américaine environnementale, a pris en charge 21,6 millions de dollars de la dette publique du pays.

La République des Seychelles, au nord-est de l’île de Madagascar, est composée de 115 îles qui occupent une superficie totale de 460 km2, soit environ 1/3 de Londres. Mais les eaux territoriales du pays représentent une superficie de 1,4 million de km2, soit 6 fois la taille du Royaume-Uni ! Ce riche et vaste écosystème marin est essentiel à l’économie des Seychelles qui repose principalement sur le tourisme et la pêche, mais sa préservation coûte cher.C’est pourquoi l’année dernière, les Seychelles ont passé un accord innovant avec l’ONG américaine The Nature Conservancy (TNC). Le pays s’est engagé à protéger 30% de ses eaux territoriales d’ici 2020 et en échange, TNC a racheté 21,6 millions de la dette nationale des Seychelles, qui seront remboursés directement à l’ONG à un taux d’intérêt plus bas et sur une plus longue période.Une partie de l’argent économisé sur le paiement des intérêts (280 000 dollars par an) servira à la formation à des méthodes de pêche durables, à financer des recherches sur les populations de poissons et à contrôler la nouvelle réserve maritime de 400 000 m2. 150 000 dollars supplémentaires par an seront placés dans un fond de dotation qui continuera à financer la protection maritime à l’avenir.Cet accord complexe a nécessité 4 ans de discussions, mais promet de devenir un modèle pour d’autres îles-nations qui veulent protéger leurs eaux tout en développant leur économie : l’île Maurice, Madagascar, le Mozambique, la Tanzanie et les îles Comores ont déjà exprimé leur intérêt.