Rouler moins vite pour arriver plus tôt avec une voiture électrique ?

Beaucoup de critiques ont déjà été émises à l’encontre de la voiture électrique et notamment à propos de leur autonomie ou de la vitesse de recharge. Toutefois, qui possède l’expérience pour pouvoir prendre position de manière tranchée, hormis les possesseurs de ces véhicules ? Et encore, car tous les utilisateurs de voitures électriques n’ont pas pour autant relié le sud de l’Europe pour leurs vacances. L’organisme dédié à la mobilité VAB a tenu à faire le test et à partager ses conclusions en y ajoutant quelques conseils pratiques. Voici ce qu’il faut en retenir.

Pour ce test grandeur nature, plusieurs employés du VAB se sont rendus jusque Montélimar, dans le sud de la France, et ont fait la route retour avec deux MG5, des voitures électriques plutôt abordables (à partir de 33.985 €) et dotées d’une bonne autonomie (batterie de 50,3 kWh, soit 320 km WLTP). Le premier employé a simplement roulé à la vitesse autorisée, tandis que le second autre a adopté un style de conduite résolument économique, avec une vitesse maximale de 100 km/h sur les autoroutes et, lorsqu’il roulait en dehors, des accélérations douces et progressives.

Plus lent, c’est plus rapide

Ce qui va suivre va probablement déplaire à une série d’automobilistes qui souhaite généralement arriver rapidement à destination, sauf si ceux-ci disposent de suffisamment de temps pour faire une étape, ce qui est aussi assez fréquent aussi. Le voyage « électrique » des essayeurs du VAB a en effet donné lieu à des conclusions surprenantes. Car la MG5 que l’on peut considérer comme la plus « lente » a atteint sa destination plus rapidement que l’équipage « rapide » avec une avance mince de seulement 10 minutes, certes, mais malgré tout en remportant la première place après 11 heures 40 minutes de route.

MG5 2

La différence s’explique bien évidemment par le nombre réduit de recharges nécessaires à la MG5 « lente » : cette dernière a nécessité 4 branchements aux bornes contre 6 à la MG5 « rapide » sur les 930 km parcourus. En toute logique, la MG5 « lente » a consommé moins : 17,02 kWh/100 km contre 23,81 kWh/100 km, soit une différence de tout de même 40% ! Ce n’est pas rien.

La conclusion tirée par le VAB est donc que « rouler plus lentement avec une voiture électrique permet d’arriver plus rapidement sur son lieu de vacances ». Mais ce n’est évidemment pas le seul avantage puisqu’on économise aussi sur les frais d’électricité qui peuvent donc chuter de quelque 40%. Par ces temps de difficultés financières, ce pourrait être une bonne solution.

Voyager de manière plus proactive

Bien entendu, l’observateur un tantinet critique pourra émettre quelques réserves sur ce voyage en voiture électrique, et en premier sur les possibilités de recharger en cours de route. Va-t-on trouver une borne ? Si l’on se fie à l’expérience des utilisateurs de voitures électriques, voyager en voiture électrique n’est en fait pas si complexe. Il faut simplement comprendre qu’il faut adopter une conduite un peu plus proactive pour optimiser l’autonomie, car, au contraire des voitures thermiques, on ne trouve pas une borne de recharge à tous les coins de rue (pas encore). Dès lors, si on fait bon usage des fonctionnalités de localisation des bornes à partir du système de navigation (telles que Chargemap ou ABRP), la chose est en réalité parfaitement envisageable.

Autobahn

Sur les grands axes routiers, on peut assez facilement trouver des chargeurs rapides tels que Ionity, Tesla (désormais ouverts aux autres marques) ou Fastned, mais il existe également de nombreuses stations de recharge plus lentes, où vous pourrez faire le plein d’énergie le temps d’une pause déjeuner. Il suffit de planifier son voyage en fonction des bornes de recharge disponibles et, bien sûr, de s’assurer que l’on dispose des bonnes cartes de recharge, car il n’est malheureusement pas encore possible de payer avec une carte bancaire normale.

Alain De Jong.

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