Qualifié de « succès », le lancement de la fusée russe Angara ne s’est finalement pas déroulé comme prévu

L’étage supérieur de la fusée russe Angara A5 s’est écrasé sur Terre, après un retour incontrôlé. Plus de peur que de mal puisque l’engin s’est écrasé dans l’océan Pacifique.

Fin décembre, la Russie est parvenue à faire décoller un prototype de sa fusée de nouvelle génération Angara. Une étape importante pour la nation puisque l’engin – qui effectuait son troisième vol d’essai – doit remplacer les lanceurs Proton. Un vol d’essai qui fut une véritable réussite, d’après les responsables. Or, dans les faits, ce n’est pas tout à fait exact.

Un retour sur Terre incontrôlé

Pour cette nouvelle tentative de vol, la fusée Angara A5 était surmontée d’un étage supérieur baptisé Persei, un engin moins polluant qui fonctionne avec des composants de carburant non toxiques – un mélange de kérosène et d’oxygène. C’est cette partie qui a posé problème. La charge utile factice dont il était affublé a en effet été victime d’un dysfonctionnement, semble-t-il. L’appareil n’a pu atteindre le perchoir géostationnaire beaucoup plus élevé qui était visé.

L’étage supérieur de la fusée est rentré dans l’atmosphère au-dessus de l’océan pacifique le 5 janvier. Persei s’est finalement écrasé dans une zone de mer vide, à l’est de la Polynésie française. L’endroit d’impact est une chance puisque si l’engin s’était écrasé sur une terre peuplée, il aurait pu provoquer de nombreux dégâts.

L’astronome John McDowel a cependant indiqué que le risque était faible. « Les rentrées d’un objet d’une masse sèche d’environ 4 tonnes peuvent voir des débris atteindre le sol, mais pas beaucoup », a-t-il souligné.

Si l’appareil pesait environ 20 tonnes à son lancement, Persei s’est drastiquement allégé en raison de la disparition du carburant qu’il contenait, brûlé lors de sa rentrée dans l’atmosphère. À son retour, il ne devait peser que 3,5 tonnes, environ.

Une réussite pour la Russie

Le plus étonnant reste le fait que la Russie ait qualifié le troisième vol d’essai d’Angara de réussite. Les responsables ont d’ailleurs souligné le fait que l’étage supérieur Persei avait considérablement amélioré les performances du véhicule spatial Angara A5.

Le retard cumulé par le projet Angara a certainement poussé les responsables à passer outre « ce petit incident ». Le premier vol d’essai remonte en effet à 2014, alors que le second à 2020. Le développement d’un lanceur de nouvelle génération russe a pris énormément de retard, principalement en raison des dépenses engagées pour la construction de l’Angara A5 (+/- 100.000 dollars par engin).

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