Pourquoi se chauffer aux pellets devient aussi plus cher cette année

Parmi les manières de se chauffer qui ont plutôt le vent en poupe, on peut citer le poêle à pellets ; ces granulés de bois, faits généralement de sciure compressée, ont commencé à se positionner en alternative possible aux combustibles fossiles dès le premier choc pétrolier de 1973. Nulle surprise donc que leur popularité ne fait que se consolider ces dernières années, alors que nos sociétés tentent de s’affranchir des sources d’énergie à la fois polluantes et de plus en plus chères. Un engouement qui s’est d’ailleurs confirmé durant le confinement, signale le journal Le Soir, les pellets apparaissant comme une source de chaleur à la fois efficace, confortable et bon marché.

À ceci près que bon marché, les granulés de bois le sont de moins en moins : leur prix à la tonne a augmenté de 25 € en une semaine au premier mars, alors qu’il avait déjà grimpé de 50 € entre l’été 2021 et février, rappelle Le Journal de la Haute-Marne. Il est normal que le prix des pellets augmente durant la saison froide, mais cette hausse-ci est à la fois plus importante et plus durable qu’à l’accoutumée. Et elle s’explique aisément : ces pastilles de sciure constituent un sous-produit de l’industrie du bois, de construction principalement. Or, les prix du bois ont fortement fluctué l’année passée, atteignant des niveaux records qui ont impacté des secteurs divers et variés, de la construction à l’industrie des meubles d’intérieur. Et, en fin de course, celle du pellet.

Précieuse sciure

D’autant qu’en Europe, un autre facteur entre en jeu : le bois abattu chez nous est parfois destiné à l’export sous forme de troncs bruts, notamment vers la Chine, très gourmande, et c’est autant de sciure perdue lors de la transformation en produits finis. Dans notre pays, on va jusqu’à broyer des arbres malades entiers, atteints par le champignon scolyte, afin d’assurer l’approvisionnement en granulés.

Conséquence logique pour les consommateurs : les prix augmentent. Alors que le sac de 15 kg coute autour des 5 à 6 euros, de nombreux consommateurs procèdent à des achats en gros, par palettes. « Les volumes consommés ont explosé. On constate cette tendance depuis cinq ans. Une palette vendue il y a trois ans coûtait 280 €. Aujourd’hui, elle est à 380 € », commente Jean-Luc Vauthier, un distributeur français de pellets en vrac, auprès du JMH. Mais face à la hausse exponentielle des prix des énergies fossiles, ce n’est pas pour autant que les granulés sont hors jeu.

Encore 25 % moins cher que le gaz

Selon le journal Le Soir, les pellets restent, en ce début de printemps, 25 % moins chers que le gaz et 52 % moins chers que le mazout. Un sac de 15 kg à environ 6 euros équivaut à 7 litres de mazout et peut alimenter un poêle pendant une à trois soirées selon l’isolation de la maison et l’intensité du froid extérieur.

Bien sûr, passer aux pellets représente un investissement, d’ailleurs très variable selon le type d’habitation. Les prix des poêles dépendent de la taille, de la performance et de la qualité de la machine, pour un prix qui va de 2.000 à 6.000 euros, installation standard comprise. Pour les chaudières, le budget démarre vers les 10.000-12.000 euros. Selon le fournisseur de bois de chauffage Febhel, une rentabilité peut être atteinte au bout de 4 à 8 ans par rapport aux prix du fossile. Et sans doute moins si les tarifs actuels du gaz et du mazout se maintiennent dans la durée.

Pas de largesse de l’État pour le bois

Les pellets promettent beaucoup : un combustible local et renouvelable qui permet une rentabilité de 85%, tout en n’émettant pas de CO2 à la combustion tant que l’installation est parfaitement aux normes. Mais en Belgique, cette source de chaleur pourtant toujours plus populaire ne bénéficie pas des largesses de l’État, à l’inverse du solaire ou des pompes à chaleur, qui bénéficient d’une TVA à 6% dans l’accord énergétique du 18 mars dernier de la Vivaldi.

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