Les agriculteurs américains, premières victimes du protectionnisme de Trump

Le Mexique, qui importe la quasi-totalité de son maïs aux Etats-Unis, envisage de se fournir désormais sans droits de douane au Brésil et en Argentine. Ce changement, qui est une conséquence du programme du président Donald Trump et de ses initiatives pour limiter les importations du Mexique, inquiète beaucoup les agriculteurs américains. Trump estime en effet que l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est préjudiciable à son pays, et il envisage  de le renégocier, voire de le révoquer. Mais le Mexique, qui importe 98 % de son maïs des Etats-Unis, redoute ces initiatives, ce qui le motive à rechercher des fournisseurs alternatifs.Les agriculteurs américains risquent donc de devenir la première victime du protectionnisme que Trump préconise. L’année dernière, leurs exportations de maïs à destination du Mexique ont atteint 17,7 milliards de dollars, un montant 5 fois supérieur à celui que l’on enregistrait en 1994, l’année de la signature de l’ALENA.

Les agriculteurs américains, premières victimes du protectionnisme de Trump

Juan Carlos Baker, le vice-ministre mexicain de l’Economie, se montre très optimiste quant à la conclusion d’un accord imminent avec des fournisseurs brésiliens. Le pays aurait également engagé des négociations avec l’Argentine.Si le gouvernement américain décide de se retirer l’ALENA, les importations agricoles en provenance des États-Unis seront taxées selon les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, c’est-à-dire qu’elles pourraient subir des tarifs consolidés de 194 %, explique Baker. « Certains n’ont pas réalisé cela aux Etats-Unis », ajoute-t-il.Les agriculteurs américains sont donc très inquiets. John Heck, président de la National Grain and Feed Association des États-Unis, a récemment promis que son organisation utiliserait tous les moyens à sa disposition pour sauvegarder l’impact positif de l’ALENA pour l’agriculture des États-Unis.Le Mexique chercherait également à développer ses relations avec  l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le Japon, Singapour et la Malaisie sont également considérés comme des marchés clés potentiels. Tous ces pays sont membres du Partenariat Trans-Pacifique (TTP), que Trump a également l’intention de remettre en cause.