Mark Zuckerberg s’achète une île hawaïenne, les habitants crient à la ‘colonisation’

Isopix

Mark Zuckerberg, CEO de Facebook, et son épouse Priscilla Chan ont acheté fin avril un terrain de 242 hectares sur l’île hawaïenne de Kauai. De quoi presque doubler leurs biens immobiliers dans la région. Les résidents locaux, qui avaient déjà eu des problèmes avec Zuckerberg par le passé, sont furieux. ‘Néo-colonialisme’, dénoncent-ils.

Le 19 mars, Zuckerberg et Chan ont acheté trois parcelles sur l’île hawaïenne de Kauai. Le terrain fait environ 242 hectares et comprend Larsen’s Beach. La plage va toutefois rester ouverte au public, car le CEO de Facebook n’a pas pu racheter la rue qui y mène. Le montant de la transaction est d’environ 53 millions de dollars. Une bagatelle pour l’Américain qui pèse environ 117,8 milliards de dollars.

Le couple a racheté le terrain à la Waioli Corporation, un groupe à but non lucratif dont la mission est de protéger les sites historiques sur le terrain. La Waioli a été fondée au début du XIXe siècle par les Wilcox, une famille de missionnaires.

La zone achetée par Mark Zuckerberg comprend également ‘l’ahupua’a Lepeuli’, une magnifique parcelle avec une étendue de récif corallien, ainsi qu’une faune et une flore riches qui font partie d’une collection historique, dans une zone qui a été une réserve naturelle pendant des siècles.

‘Nous savons que cette terre est entre de bonnes mains avec Mark et Priscilla. Ils seront des intendants responsables de ‘Lepeuli’’, a indiqué la Waioli Corporation dans un communiqué de presse.

Les locaux doivent être relocalisés

Mais la population locale de Kauai n’est pas du même avis. Les habitants qualifient de ‘néocolonialisme’ la frénésie d’achat de Mark Zuckerberg sur l’île.

En 2015, le milliardaire avait déjà acheté environ 283 hectares sur l’île. Cependant, plusieurs familles vivaient encore sur ces terres. Ces habitants sont des ‘kamaaina’, des descendants hawaïens des premiers habitants de l’île. Ils n’ont généralement aucun document attestant de leur résidence sur l’île, même s’ils y ont vécu toute leur vie.

Mark Zuckerberg a ensuite intenté un procès aux personnes installées sur son nouveau terrain, pour les obligeant à déménager et à vendre leurs terres. Lorsque le journal local de l’île en a fait état, le patron de Facebook a rapidement abandonné les poursuites. Toutefois, selon des militants locaux, Mark Zuckerberg aurait poursuivi son assaut juridique par le biais d’une société fantôme qu’il a fait gérer par le professeur local Carlos Andrade. Zuckerberg nie tout lien avec Andrade.

‘Arrêtez la colonisation de Kauai par Mark Zuckerberg’

Un porte-parole de Facebook a déclaré à Newsweek en 2017 que Mark Zuckerberg ‘n’avait forcé aucun Hawaïen à quitter l’île’. Pourtant, les habitants sont furieux. L’été dernier, une pétition contre le CEO de Facebook a été lancée sur change.org. ‘Arrêtez la colonisation de Kauai par Mark Zuckerberg’, tel était le cri de ralliement.

‘C’est le visage du néocolonialisme’, a déclaré Kapua Sproat, professeur à l’université d’Hawaï, au Guardian en 2017. Zuckerberg et Chan, quant à eux, insistent sur le fait qu’ils respecteront la nature de l’île et qu’ils n’harcèleront pas les habitants.

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