Manhattan n’a plus autant de succès: les grandes banques et les gestionnaires d’actifs envisage de quitter l’île

L’une des conséquences les plus visibles de la crise est la percée majeure du télétravail, instauré pour continuer à travailler même durant le confinement. Une percée applaudie et appréciée par beaucoup. Mais elle a aussi des conséquences majeures, notamment dans le quartier financier de New York. De nombreuses grandes banques y voient une opportunité de délaisser leurs bureaux coûteux contre d’autres lieux moins chers aux États-Unis.

Le signal le plus récent qui marque cette nouvelle direction n’est pas des moindres. Goldman Sachs explore cette option et envisage de retirer l’une de ses divisions clés de Manhattan. Il s’agit de sa branche de gestion des actifs. C’est en tout cas ce que rapporte Bloomberg.

Le nombre d’employés potentiellement impliqués n’est pas clair. Goldman Sachs ne répartit pas ses effectifs par division. Mais sa division de Gestion d’actifs fait partie d’une division plus large, celle de la Gestion des consommateurs et des investissements. Et cette division gère pas moins de 1.300 milliards de dollars, avec un chiffre d’affaires annuel de 8 milliards de dollars. Les enjeux sont donc clairement très élevés.

Vers le soleil

Pour son nouvel emplacement, Goldman Sachs a choisi de se tourner vers la Floride, où le climat est plus clément, mais pas que… L’‘État du soleil’ présente également un régime fiscal très favorable. Ce régime a déjà attiré un certain nombre de grands acteurs financiers de New York. Les investisseurs Blackstone et Elliott, par exemple, ont déjà ouvert des bureaux en Floride.

Goldman Sachs a néanmoins exploré d’autres pistes que la Floride. Le géant de Wall Street a déjà investi massivement à Dallas et au Texas ces dernières années. Et comme c’est souvent le cas dans ce genre d’histoires, ces plans de relocalisation peuvent aussi être finalement mis de côté. C’est en tout cas ce que plusieurs sources anonymes auraient confié à Bloomberg.

Pour beaucoup de dirigeants de chez Goldman Sachs, une telle décision est très difficile à prendre. New York est la ville où la banque a prospéré. Mais il ne s’agit là que de considérations sentimentales, qui doivent céder la place aux ambitions de la banque, à savoir créer des réserves. Cette réserve s’élève aujourd’hui à 1,3 milliard de dollars, et déplacer du personnel vers des lieux moins chers aux États-Unis dégage une part importante de cette économie.

Parallèlement, l’exode à Manhattan se fait peu à peu -et douloureusement- ressentir. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, il n’y a pas eu un bureau vacant sur l’île.

Le début de l’exode est antérieur à l’apparition du  Coronavirus. En 2018, le gestionnaire d’actifs AllianceBernstein avait déjà annoncé son intention de s’installer à Nashville, dans le Tennessee.

New York, autrefois adulée, contemple tout cela d’un regard bien triste. Mais pour l’instant, le maire Bill de Blasio s’est simplement contenté de demander aux cadres de ne pas quitter la ville. ‘Avec tout le respect que je dois à la Floride, aucun endroit au monde ne peut égaler la concentration de talents, d’éducation, d’innovation et de technologie que New York a à offrir’, a déclaré Bill Neidhardt, porte-parole de Bill Blasio.

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