L’Iran s’est emparé de véhicules militaires américains

Des Humvee typiquement américains ont été repérés sur les autoroutes iraniennes. Ces véhicules ont soit été saisis, soit été achetés aux talibans. A Washington, on minimise la valeur d’une telle prise.

Ces derniers jours, Washington tentait de faire bonne figure face à la problématique de l’équipement perdu en Afghanistan, qu’il ait été abandonné durant l’évacuation ou qu’il s’agisse de matériel destiné à l’armée gouvernementale afghane. Les autorités américaines assuraient avoir rendu inutilisable tout ce qui était resté sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul. Quant au reste, le Pentagone estimait qu’il « n’était pas d’une grande utilité pour qui que ce soit. » Apparemment tout le monde n’est pas d’accord avec cette dernière affirmation: depuis quelques jours, des véhicules américains ont été repérés à différentes reprises sur le sol iranien.

Ces images ont été repérées sur un flux Telegram médiatique iranien qui couvre l’actualité militaire et, selon Kian Sharifi, journaliste à la BBC, elles ont été prises sur la route qui relie Semnan, dans le nord du pays, à Garmsar, au sud-est de la capitale Téhéran. On reconnait en tout cas aisément des véhicules blindés Humvee de fabrication américaine.

Reverse engineering

Il y a deux hypothèses pour expliquer comment les Iraniens ont mis la main sur ces engins : soit ils les ont saisis à des anciens militaires afghans qui ont pris la fuite à bord de ces véhicules vers la frontière iranienne, soit ils les ont achetés aux talibans. C’est cette dernière piste que privilégie la version persanophone de l’agence russe Sputnik: Téhéran aurait acheté des véhicules de combat, des drones, et même des hélicoptères ayant appartenu aux forces afghanes pour un quart de leur prix. L’agence évoque une source anonyme. Celle-ci aurait aussi confirmé que l’Iran déplaçait ce butin vers des centres de recherche à des fins de reverse engineering.

Le Pentagone ne s’est pas exprimé officiellement sur le sujet, mais l’un de ces portes-paroles, le major Rob Lodewick, a tenu à préciser que ces engins n’avaient rien de bien novateur: « Cet équipement était destiné à combattre une insurrection low tech, ce n’est pas le genre de matériel qui serait d’un grand usage pour une force militaire, et il ne représente pas une menace sérieuse pour les États-Unis ou pour les pays environnants. » Pour rappel, le coût de l’investissement en matériel militaire que les Américains ont consenti en Afghanistan est estimé à 28 milliards de dollars.

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