Les e-mails sont formels: le cabinet de Jan Jambon savait pour ‘l’histoire étrange’ autour du décès de Jozef Chovanec

Jan Jambon N-VA
Isopix

Le cabinet de l’ancien ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) était bel et bien au courant de l’action de la police à l’aéroport de Charleroi, selon les documents que la VRT NWS a pu consulter. Un employé l’a notamment qualifié ‘d’histoire étrange’.

En février 2018, le Slovaque Jozef Chovanec (38 ans) devait prendre l’avion pour se rendre à Bratislava. Mais il s’est vu refuser l’embarquement parce qu’il s’était montré ‘turbulent’. Mis au cachot après une altercation avec les services de police, il aurait fallu 5 officiers pour arriver à le maintenir. Jozef Chovanec aurait alors fait un arrêt cardiaque et aurait sombré dans le coma avant de perdre la vie. Des enregistrements montrent également qu’un policier aurait ensuite fait le salut hitlérien, en découvrant le corps de Chovanec. Un autre aurait même fait une petite danse.

Les images ont été diffusées la semaine dernière par le journal Het Laatste Nieuws. La famille de Chovanec soupçonnait la justice et la police belges de vouloir étouffer l’affaire. Mercredi, l’actuel ministre de l’Intérieur Pieter De Crem (CD&V) a déclaré à la Chambre que son prédécesseur en avait été informé.

Rapport de police de l’aéroport

Cependant, Jan Jambon (N-VA), ministre de l’Intérieur à l’époque et Theo Francken (N-VA), secrétaire d’État, ont tous les deux nier fermement avoir été informés de l’incident. Mais les documents consultés par la télévision publique flamande disent le contraire. Le 26 février 2018, la police de l’aéroport a envoyé un e-mail avec le rapport partiel de l’incident à un employé du Jambon. La description des faits n’était pas aussi choquante que les images qui sont sorties dans la presse la semaine dernière.

Dans un autre mail, un employé du cabinet de Jan Jambon indiquait qu’il s’agissait d’une ‘histoire étrange’ et qu’une ‘rencontre avec l’ambassadeur slovaque’ était prévue. Cette entrevue a eu lieu le 2 mars, mais Jan Jambon n’était pas présent. Un peu plus tard, en juillet, une autre réunion est organisée et le chef de cabinet Joy Donné en a reçu le rapport.

Les documents de la VRT indiquent que Jan Jambon, aujourd’hui ministre-président flamand, n’a ‘au mieux’ pas été assez informé. Mais en tant que ministre, il était responsable de son cabinet. Cette histoire est un blâme pour son image de direction. La semaine prochaine, il devra se présenter devant la chambre avec Catherine De Bolle (cheffe de la police fédérale en 2018) pour fournir plus d’explications sur l’affaire.