Principaux renseignements
- Des extrémistes juifs soutenus par le gouvernement israélien sont en train de démanteler l’accord de longue date régissant la prière dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.
- Ces actions, notamment les arrestations de gardiens musulmans et les incursions accrues de groupes juifs, violent directement le statu quo et menacent de déclencher un conflit régional.
- La nomination de personnalités d’extrême droite aux opinions extrémistes à des postes clés dans le domaine de la sécurité a encore encouragé ces violations et créé une atmosphère profondément instable.
Les experts expriment leur vive inquiétude face à la situation fragile à Jérusalem, où les tensions ont atteint un nouveau point culminant. Selon eux, l’accord de longue date sur la prière dans le lieu le plus sacré s’est complètement effondré. Cette rupture est le résultat de la pression croissante exercée par les extrémistes juifs, qui bénéficient du soutien ouvert du gouvernement israélien.
Escalade des tensions
Les événements récents ont abouti à une série d’actions de plus en plus violentes : arrestations de gardiens musulmans, interdiction d’accès pour des centaines de musulmans et incursions croissantes de groupes juifs radicaux. Cette semaine, les tensions ont atteint leur paroxysme avec l’arrestation de l’imam de la mosquée al-Aqsa pendant les prières du soir, le premier jour du ramadan, suivie d’un raid de la police israélienne.
Ces actions rompent brutalement avec le statu quo établi après la guerre de 1967. Ce compromis historique réserve le droit de prière aux seuls musulmans au sein d’al-Haram al-Sharif, le complexe entourant la mosquée al-Aqsa. Les juifs vénèrent également ce lieu sous le nom de Mont du Temple car ils y voient l’emplacement des anciens premier et deuxième temples.
Contexte historique
Historiquement, toute modification du statu quo sur ce site a provoqué de violents troubles à Jérusalem ainsi que dans les territoires palestiniens. L’impact de tels changements se fait souvent ressentir à l’échelle mondiale. La visite d’Ariel Sharon, alors Premier ministre, a constitué en 2000 l’élément déclencheur de la seconde intifada palestinienne. Ce soulèvement violent a duré finalement cinq ans et a totalement déstabilisé la région.
De plus, cette symbolique demeure une force motrice de la violence actuelle. L’offensive du Hamas d’octobre 2023 a ainsi été baptisée « Déluge d’Al-Aqsa » en référence aux violations israéliennes présumées de la mosquée de Jérusalem. Cette attaque a coûté la vie à 1 200 Israéliens et a déclenché la guerre actuelle à Gaza.
L’impact sur le Waqf
L’accumulation de ces actions fragilise considérablement la gestion de la mosquée al-Aqsa par le Waqf jordanien. Par conséquent, l’organisation peine désormais à préparer l’accueil des nombreux fidèles attendus pour le Ramadan. Le Waqf rapporte que de nombreux employés ont été interpellés ou interdits d’accès au complexe. En outre, des bureaux ont été pillés et des services essentiels sont systématiquement refusés.
Ces restrictions, combinées à la prolongation des heures de visite pour les Juifs et les touristes, ont créé une atmosphère extrêmement tendue sur le site sacré.
Les analystes avertissent que ce ramadan présente une situation exceptionnellement dangereuse en raison d’une convergence de facteurs tant du côté israélien que palestinien. Le gouvernement israélien actuel semble moins enclin à tenir compte de la pression internationale ou des préoccupations des puissances régionales, enhardi par ses récents succès à Gaza et en Cisjordanie.
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