L’émergence des nouveaux-riches à Cuba

Le contrôle de l’état sur l’économie cubaine se relâche graduellement, créant une nouvelle classe de consommateurs aisés, dans cette île communiste où la richesse est toujours largement taboue, rapporte le Daily Mail. De plus en plus de personnes quittent le secteur public pour travailler à leur compte et, bien que l’Etat contrôle encore 80% de l’activité économique, les 20% restants produisent une nouvelle classe de Cubains relativement riches. Les secteurs les plus rentables sont les restaurants, la mécanique, la location de biens immeubles et la construction. Depuis que Raul Castro a commencé un processus graduel d’ouverture de l’économie, après être devenu président en 2008, La Havane a vu s’ouvrir de plus en plus de bars et de restaurants hauts-de-gamme fréquentés par les Cubains.Selon Daybell Panellas, psychologue à l’université de La Havane, le phénomène est devenu de plus en plus évident ces quatre ou cinq dernières années et les Cubains sont écartelés entre leurs valeurs sociales et l’importance croissante de l’argent.

Jalousies

Mais tous les Cubains ne sont pas prêts à afficher leur santé économique : certains attendent la nuit pour décharger leurs courses, afin de ne pas rendre leurs voisins jaloux. Un propriétaire de restaurant offre du travail à ses voisins pour éviter l’hostilité.Ces nouveaux-riches sont cependant bien loin de posséder autant de richesses que ceux des économies plus développées, mais la différence de revenus provoque déjà une croissante inégalité et des tensions sociales.Après tout, le salaire moyen des Cubains n’excède toujours pas les $20 par mois.