L’effet boomerang du coronavirus en Irlande: le pays enregistre l’un des taux d’infection les plus élevés au monde

Hopital de Co Armagh, en Irlande du Nord. Crédit : Niall Carson/PA via AP

La success story de l’Irlande vire au cauchemar. Alors que le pays avait été salué pour sa  réponse à la pandémie, l’Irlande déplore aujourd’hui l’un des taux d’infection les plus élevés au monde. 

Il n’y a pas si longtemps, l’Irlande était saluée pour sa gestion de la crise sanitaire. Grâce à un confinement mis en place de façon précoce et à des mesures strictes, le nombre de cas en Irlande était, jusqu’ici, resté relativement faible. 

Les chiffres ont considérablement augmenté depuis le début de l’année en Irlande. Source : JHU CCSSE Covid-Data

Aujourd’hui, la situation est très différente. Les cas de Covid-19 sont en augmentation, les admissions dans les hôpitaux sont en hausse et les unités de soins intensifs ont presque atteint leur pleine capacité. Le pays est aujourd’hui confronté aux pires taux d’infection officiellement enregistrés dans le monde. Mais comment expliquer un tel revirement? 

Les vacanciers sont en partie responsables de cette hausse des chiffres. En décembre, le gouvernement irlandais a assoupli ses mesures dans le but d’autoriser la population à fêter Noël ‘comme il se doit’.  Les interdictions relatives aux déplacements ont été levées pendant près de 3 semaines. Cette mesure s’est avérée être une grave erreur,  car elle a favorisé la propagation d’une nouvelle souche plus virulente, détectée au Royaume-Uni. 

Comparaison de la situation épidémiologique entre l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne, de septembre 2020 à janvier 2021. Source: The Economist.

La nouvelle variante

Le 11 janvier, l’Irlande comptait plus de 130 nouveaux cas quotidiens par tranche de 100.000  habitants sur 7 jours, soit le taux le plus élevé au monde (voir le graphique). La nouvelle variante représentait environ un dixième des infections à la mi-décembre: aujourd’hui, elle en est responsable de près de la moitié.

Il faut dire que l’efficacité du plan déployé par l’Irlande a été enrayée par ses relations avec la Grande-Bretagne. Le 21 décembre, le gouvernement britannique a interdit à ses citoyens de voyager entre les deux pays. Seul problème, 15 jours avant, pas moins de 30.000 personnes avaient déjà fait des allers-retours entre les deux territoires. En outre, jusqu’à récemment, les voyageurs en provenance de Grande- Bretagne pouvaient entrer sur le territoire irlandais via l’Irlande du Nord.

Cette semaine, le gouvernement irlandais a annoncé que les voyageurs en provenance de Grande-Bretagne seraient tenus de présenter un résultat de test négatif à leur arrivée dans le pays. Une mesure nécessaire, mais bien tardive.

Le nombre de cas semble maintenant se stabiliser. Mais le mal est fait. Les admissions aux soins intensifs ont a présent surpassé les records enregistrés en avril. Et le nombre de décès augmente également. Début décembre, le nombre quotidien de décès liés au Covid-19 était inférieur à 10. Le 15 janvier, il était de 50.