Le tunnel sous la Manche bientôt ouvert à la concurrence : qu’est ce que ça change pour les voyageurs ?

Dans les années à venir, les trains Eurostar de la SNCF ne seront plus les seuls à exploiter le tunnel sous la Manche. Des sociétés européennes privées comme publiques guettent le marché. Et selon le gestionnaire du tunnel, ça serait tout bénéfice pour les usagers.

Lors du plateau matinal de ce mercredi sur BFM TV, Jacques Gounon, le président de Getlink, la société gestionnaire du tunnel sous la Manche, a confirmé qu’il comptait ouvrir l’usage de l’infrastructure sous-marine à de nouvelles compagnies ferroviaires. Pour l’instant seuls les trains Eurostar empruntent le tunnel, et cette société, qui a absorbé Thalys, a pour actionnaire principal la SNCF, qui en possède 55% des parts. Et pour qui cette décision signifie donc la fin d’un monopole.

Trains espagnols pour Londres

« En tant que gestionnaire d’infrastructures, plus il y a de trains, meilleur c’est », argumente M. Gounon. « Je fais mon travail de gestionnaire, je met à disposition le tunnel sous la Manche dans les conditions qui sont prévues et je le fais pour qu’un maximum d’utilisateurs puissent passer. Eurostar fait du très bon travail mais un certain nombre d’investisseurs sont prêts, si on leur donne le cadre juridique qui le permet, à acheter des rames pour les prêter ensuite à un opérateur. »

Des entités ferroviaires publiques seraient aussi intéressées par l’exploitation de la liaison sous-marine France-Angleterre, et eux ont l’avantage de posséder déjà leurs propres trains. C’est le cas de la Renfe, la société historique des chemins de fer espagnols, qui a déjà fait part de son intérêt pour reprendre des créneaux horaires.

Meilleur service pour moins cher ?

« Actuellement, il y a des créneaux disponibles et la capacité d’opérer sur cette ligne à grande vitesse », avait déjà confirmé la Renfe, en précisant avoir effectué une étude de marché montrant qu’il serait « rentable » pour l’entreprise de faire circuler de tels trains. La société espagnole s’intéresse aussi à la ligne Paris-Lyon, sur laquelle roule déjà Trenitalia.

Selon le président de Getlink, cette ouverture à la concurrence ne peut avoir qu’un effet bénéfique pour les usagers du tunnel : celui de faire baisser les prix. Il promet aussi que cela « améliorera la qualité du service ce que les passagers aiment beaucoup. » Jacques Gounon estime qu’un nouvel opérateur pourrait se lancer dans le tunnel d’ici trois à cinq ans.

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