Le Kremlin paie les parents ukrainiens pour qu’ils inscrivent leurs enfants dans des écoles « russes »

Bien décidée à s’installer durablement dans les régions ukrainiennes occupées, la Russie veut que sa domination passe par l’éducation. Dernière tentative en date : donner de l’argent aux locaux pour qu’ils inscrivent leurs enfants dans des écoles dont le programme a été revu et corrigé par le Kremlin.

Ce mercredi, via son site officiel, le Kremlin a livré une nouvelle information pour les parents habitant dans les zones occupées des régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijia, Kharkiv et Kherson. Ceux-ci recevront 10.000 roubles (environ 168 euros) s’ils inscrivent leurs enfants (de 6 à 18 ans) dans des « établissements d’enseignement général situés dans les territoires spécifiés ».

La nouvelle année scolaire débute le 1er septembre. Les parents concernés ont jusqu’au 15 septembre pour prendre une décision.

Des cours « russifiés »

Cette initiative, approuvée par Vladimir Poutine en personne, est la dernière en date dans la tentative du Kremlin de « russifier » l’éducation donnée aux enfants résidant dans les zones occupées par la Russie en Ukraine.

Avec la guerre, la fréquentation des écoles a fortement diminué dans ces régions. Les enfants et adolescents suivent surtout des cours en ligne, où ils ont l’occasion de continuer à apprendre ce qui est au programme de l’enseignement ukrainien. Ce qui n’est pas au goût du Kremlin. Depuis quelques mois, les autorités russes multiplient donc les projets pour que les jeunes Ukrainiens apprennent ce qu’elles souhaitent.

Plusieurs enseignants ont ainsi témoigné avoir reçu des menaces de licenciement s’ils refusaient de signer un accord stipulant qu’ils suivraient dorénavant le programme scolaire russe. Certains ont préféré fuir. Le plus gros problème concerne (forcément) les professeurs d’histoire, de géographie et de langues. Jusqu’à présent, le Kremlin n’a pas souhaité apporter de modifications aux cours de mathématiques et de sciences dispensés dans les régions occupées.

Si les parents reçoivent maintenant des incitants financiers pour inscrire leurs progénitures dans des écoles « russes », ils font aussi fait l’objet de menaces. À Zaporijia, Kherson et Metilopol, par exemple, certains ont indiqué que les responsables locaux, pro-Kremlin, les avaient menacés de leur infliger des amendes, voire de leur faire perdre la garde de leurs enfants s’ils ne se décidaient pas à les laisser suivre les cours « russifiés »

Plus
Marchés
Ma liste de suivi
Marchés
BEL20